Ngaliema : Une rue transformée en une érosion de plusieurs mètres de profondeur progresse et « va bientôt couper en deux la route Masikita en pleins travaux d’asphaltage »

 

En République Démocratique du Congo (RDC), après la pluie c’est la désolation. Les pluies diluviennes qui se sont abattues successivement jeudi 02, vendredi 03 et samedi 04 décembre n’ont pas été sans conséquences dans plusieurs quartiers à Kinshasa, une ville déjà à problème sur le plan urbanistique.

À Ngaliema, l’une de plus grandes communes de la capitale congolaise, des habitants assistent, impuissants, à l’engloutissement de leur quartier.

Une rue qui se jette sur la route Masikita dans le quartier portant le même nom, aux environs de l’Université Pedagogique Nationale (UPN) s’est totalement transformée en une érosion de plusieurs mètres de profondeur avec plusieurs têtes qui progressent à chaque tombée de la pluie.


Celles qui ont arrosé la ville de Kinshasa au début du mois de décembre ont laissé plusieurs familles sans abris les exposant aux intempéries de toutes sortes. Des maisons effondrées, cette rue éventrée risque de couper en deux la route Masikita à la prochaine pluie, pourtant en pleins travaux d’asphaltage.

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« Cette route (Masikita) est d’une importance capitale. C’est la principale route de sortie pour tous les habitants de ce quartier (Masikita) pour aller n’importe où. Raison pour laquelle, elle subit depuis un temps les travaux d’asphaltage. C’est très grave, car non seulement que nous avons tous perdu beaucoup de choses, mais aussi les pluies font progresser cette érosion qui va bientôt couper en deux la route Masikita », confie un habitant affligé suite à l’effondrement de sa maison.

Et de poursuivre, « ça fait mal et nous sommes handicapés. Nous allons désormais passer nos vies à la belle étoile. Nous lançons un appel pressant aux autorités de venir nous visiter pour voir la gravité de cette situation. Au cas où une autre pluie tombe, même la route Masikita partira et tous les travaux d’asphaltage qui se font ».

Cette érosion progresse dans tous les sens et donne plusieurs têtes dans toutes les directions séparant le quartier en deux s’explique par les pluies diluviennes qui touchent la région, additionnées à l’expansion anarchique de l’urbanisme dans cette ville aux 12 millions d’habitants.

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Même situation aux quartiers Bangu, Mpunda, Lubudi, Djelo/Binza (Binza/Delvaux, Binza/Météo), Bolikanga ou encore à Lalou traversés par la route de Matadi.

« Nous avions organisé des marches pacifiques pour réclamer ne fus qu’un début des travaux des érosions qui nous serpentent. Nous avions écrit également aux autorités compétentes, parce que nous avons entendu que l’argent pour ces travaux a déjà été débloqué. Mais il s’est passé beaucoup d’années où il n’y avait rien qui se faisait. Malheureusement, nos actions n’ont servi à rien », déplore un activiste contre l’érosion, candidat député et habitant du quartier Bangu.

Avec le retour des pluies, les habitants craignent le pire. Face aux inondations et glissement de terrains, ils en appellent à l’implication du Chef de l’État Félix Tshisekedi et à l’Inspection Générale des Finances (IGF) pour « retracer les fonds des travaux des érosions à Ngaliema qui ont été détournés ».

Josué Mfutila

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