EDITO : Ambongo aujourd’hui comme Ekofo hier

 

Rien de nouveau sous le soleil. Il ne suffisait pas que le pouvoir change de main en RDC pour que certaines habitudes changent. Les opposants d’hier aujourd’hui au pouvoir subissent le même traitement de la part des confessions religieuses que les anciens dirigeants. Une pratique bien de chez nous qui ne connaîtra pas une fin dès lors que le Congolais lambda ne trouvera pas son compte.

Il est aisé de s’attaquer au cardinal Fridolin Ambongo qui interpelle le pouvoir actuel sur la souffrance du peuple en pleine messe en mémoire de Mgr Laurent Monsengwo. Mais où se situe le vrai problème ? Est-ce dans le fond ou dans la forme ? Si, dans le fond, tous les Congolais s’accordent à reconnaître la souffrance du peuple contraste avec l’opulence des dignitaires du régime d’après-Kabila, il est moins sûr que dans la forme le prélat catholique a outre-passé ses limites.

Si nous reconnaissons que c’est à travers la chanson qu’un chanteur revendique, il apparaît plus que normal que c’est par son homélie qu’un prédicateur éduque, interpelle… Par là, on ne peut pas demander au Cardinal Ambongo d’attendre une autre occasion d’interpeller les autorités compétentes que du moment où elles sont toutes réunies bien que dans le cadre des obsèques.

Sermonner les dirigeants en plein culte ou deuil, cela n’est pas une première. Le pouvoir actuel, autrefois dans l’opposition, n’avait pas condamné les propos du révérend François David Ekofo devant les dignitaires du régime Kabila réunis le 17 mai 2018 en la Cathédrale du centenaire dans le cadre d’une messe en mémoire de Laurent Désiré Kabila.

Bien au contraire, les opposants d’alors ont joint leur voix à celle du pasteur de l’Église du Christ au Congo (ECC) bien qu’il s’en est pris ouvertement au régime Kabila à travers des propos jugés irrévérencieux. Fort malheureusement ce sont ceux-là mêmes qui avaient applaudi Ekofo hier qui s’en prennent aujourd’hui à Ambongo. Ainsi va le monde.

Rachidi Mabandu

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