RDC : Denis Mukwege s’oppose à la nomination de Tommy Tambwe Rudima à la tête du P-DDRCS

 

Dans une déclaration rendue publique ce mercredi 11 août 2021, le Dr. Denis Mukwege s’est exprimé sur la nécessité d’assainir les institutions
de la République pour avancer sur le chemin d’une paix durable.

Selon lui, les dirigeants devraient retenir les erreurs du passé et rompre avec les politiques qui ont prolongé et aggravé la souffrance du peuple
congolais et l’instabilité ayant occasionné des conséquences désastreuses sur la protection des civils.

Pour ce leader d’opinion, depuis Sun City en passant par Lusaka et Kampala, les accords de paix ont systématiquement
bradé la justice sur l’autel d’une paix dont les dividendes ne sont jamais parvenus à mettre fin à la violence.


Pour lui, les processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion Communautaire et Stabilisation (DDRC-S) sous-financés et baclés ainsi que les politiques de mixage et de brassage souvent accompagnées de promotions, ont
integré l’indiscipline au sein des institutions, et ce jusqu’au plus haut niveau de l’État.

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Celui-ci regrette qu’en gratifiant ainsi des criminels au lieu de les traduire en justice, cette stratégie de tireurs de
ficelles tapis à Kinshasa, Kigali, Kampala et Bujumbura encourage les groupes armés en brousses à attendre leur tour. Cette situation favorise, selon le prix Nobel de la paix 2018, l’émergence d’un système légitimant la violence et la commission de
crimes comme mode d’accès au pouvoir, elle entretient une spirale infernale de violences.

C’est dans ce sens que le Dr. Denis Mukwege exprime donc sa circonspection face à la récente nomination par ordonnance présidentielle d’un ancien chef rebelle du RCD-Goma, du M-23 et de ALEC, comme Coordinateur du Programme de Desarmement, Démobilisation, Réinsertion
Communautaire et stabilisation (P-DDRCS).

Alors que le Chef de l’État s’est engagé à placer la justice transitionnelle à l’agenda du Gouvernement pour bâtir le chemin de la réconciliation nationale et de la paix, la fondation Panzi plaide pour l’adoption d’une stratégie nationale holistique de justice transitionnelle qui
priorise des réformes institutionnelles visant à prėvenir la non-répétition des atrocités
commises sur les populations civiles, notamment par une réforme profonde des secteurs de la sécurité et de la justice.

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David Lupemba, à Goma

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