L’assassinat, la nuit de vendredi 13 au samedi 14 août 2021, du journaliste Joël Musavuli, directeur de la Radio Télévision Babombi, dans la localité de Kenya, près de Lwemba, dans le territoire de Mambasa, suscite de vives réactions au sein de l’opinion publique.
Par le biais de son chef d’antenne adjoint, la Convention pour le Respect des Droits Humains (CRDH), une organisation de défense des droits humains, accuse certains « membres » de l’appareil sécuritaire d’être derrière cet acte ignoble. D’après la même organisation, le défunt était l’objet d’une série de menaces proférées par des inconnus et des personnes formellement identifiées. Pour cette organisation, cet assassinat est une preuve de l’insécurité et des menaces qui pèsent sur les journalistes et les défenseurs des droits humains dans cette zone.
« (…) C’est avec tristesse que nous avons reçu cette information. C’est encore une preuve de plus des risques et dangers que courent les journalistes et les activistes des droits humains en territoire de Mambasa (…) Vu les éléments que nous avons notamment (…) plusieurs menaces venant des anonymes et des personnes bien identifiées reçues par le défunt (…) Par exemple, il y a 4 ou 5 jours, le défunt a été visité la nuit par les militaires loyalistes bien identifiés au motif qu’ils faisaient une perquisition (…) Nous pensons que cet assassinat n’est pas loin de ces menaces (…) Par rapport aux éléments de monitoring de notre organisation (…), nous avons des informations sûres que le journaliste qui vient d’être tué a déjà reçu plusieurs menaces de la part des agents de l’ordre, les agents de la sécurité dans Babila Babombi (…) », déclare Maître Dieudonné Butembezi au micro ACTU7.CD.
Contacté par le média non-aligné, le Major John Bebwa, commandant de l’unité des forces armées nationales basées à Biakato, rejette ces allégations. Il indique que les services de sécurité étaient « au courant des menaces perpétrées contre le défunt par les Maï-Maï et non l’armée ». Cet officier supérieur s’est réservé sur l’identité des tueurs et a rassuré que les enquêtes sont en cours.
Quant à la CRDH, elle demande le relèvement des troupes basées dans la zone, car elle est « responsable des plusieurs violations des droits humains ». Enfin, elle appelle à l’ouverture des enquêtes sérieuses afin de mettre la main sur les auteurs de ce cas d’assassinat et les déférer devant la justice.
« (…) Nous demandons au Gouverneur militaire de rendre effective sa décision de reprendre le commandement de troupes dans cette zone du secteur opérationnel Sukola1. Nous avons eu à dénoncer plusieurs fois que cette unité basée à Biakato est responsable de plusieurs violations des droits humains, elle est responsable de plusieurs actes et dégâts énormes qui violent les lois de la République, mais on ne nous a jamais cru (…) Nous demandons à la justice militaire de diligenter des enquêtes sérieuses afin que les auteurs de ces actes soient arrêtés et déférés devant la justice (…) », plaide Maître Dieudonné Butembezi.
Le journaliste Joël Musavuli et son épouse ont été tués à l’arme blanche dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 août 2021 par des personnes non autrement identifiées. En signe de protestation contre cet assassinat, les radios de Mambasa viennent de décréter la journée de lundi prochain « journée sans information ».
Andy Kambale Matuku, à Mambasa





