CENI, Loi Tshiani, Gestion Tshisekedi, état de siège… : Monsenepwo charge la CENCO et l’ECC, renvoie Katumbi à l’école et fixe l’opinion (interview exclusive)

 

Dans une interview accordée vendredi 20 août 2021 au média non-aligné, le président de la ligue des jeunes de la convention des congolais unis, CCU, est revenu sur les questions d’actualité notamment le débat sur la mise en place de la CENI, l’état de siège et la dernière sortie médiatique du président de Tout Puissant Mazembe.
Évoquant la question sur la CENI, Jean Thierry Monsenepwo accuse la conférence épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et l’église du Christ au Congo (ECC) d’être à la base du blocage. Pour lui, « il faut que l’opinion sache que le glissement si il y en aurait, devrait être imputé à la CENCO et l’ECC.

Ci-dessous l’interview

ACTU7 : Thierry Monsenepwo, on parle de la désignation des candidats à la CENI, plusieurs moratoires ont été accordés aux chefs religieux pour désigner un candidat consensuel, mais malheureusement les violons n’arrivent pas à s’accorder entre les parties. Quelle est votre réaction ?


TM : J’accuse les églises catholique et protestante d’être à la base de ce profond blocage car elles refusent de faire le pas dans le sens des autres confessions religieuses. A ce rythme il faut que l’opinion sache que le glissement si il y en aurait, devrait être imputé à ces deux confessions religieuses qui refusent de prêter oreille aux autres. Comme vous le savez, En l’absence de consensus, la voie du nombre devrait compter. Et on a 6 confessions contre 2. La logique voudrait à ce que les 2 dernières se plient. Mais c’est le contraire, le petit groupe qui veut dicter sa loi au grand groupe. Et bien entendu, les pêcheurs en eau trouble profitent de ces dissensions pour renforcer la crise afin de créer un chaos qui nous conduirait vers un dialogue, sport préféré de la classe politique congolaise.

ACTU7 : Puisque les confessions religieuses n’arrivent pas à trouver un consensus, que faut-il faire à ce stade pour sauver le processus électoral ?

TM : Nous devons appliquer La logique et les textes. D’une part la logique en appelle à la voie du nombre vu l’absence du consensus. Et d’autre part, se référer à la commission paritaire à l’assemblée nationale.

ACTU7 : Plusieurs forces politiques et sociales refusent d’envoyer leurs délégués à la CENI et appellent à la révision de la loi sur la CENI qui a été promulguée. Votre avis ?

TM : Le but d’une certaine classe politique est de créer un chaos en vue d’un dialogue politique qui aboutirait à un partage de responsabilité. Pire, à créer un retard dans le processus électoral afin de faire porter le Chapeau au pouvoir actuel pour que nous revivions le chaos de 2016 suite à la non tenue des élections à date échue, et qui aurait comme conséquence la baisse de la popularité de l’actuel président de la République, sa chute aux élections. Donc tout est calculé. Vous savez, face à la mauvaise foi même la meilleure des lois électorales ne pourraient rien y faire. D’où, l’importance de ne voir que l’intérêt du peuple en cet instant. Et cet intérêt va dans le sens de donner une meilleure visibilité à l’actuel processus qui déjà accuse un retard considérable.

ACTU7 : Proposition de loi sur le verrouillage des postes de souveraineté, Katumbi promet de quitter l’union sacrée si cette proposition de loi venait d’être programmée. Qu’en pensez-vous ?

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TM : Menacer pour éviter à ce qu’il y ait un débat démocratique est dictatorial. D’une part on ne peut refuser à ce que dans une démocratie les actes reconnus dans la liberté de penser des individus soient interdits et d’autre part, on ne peut lier l’existence ou l’inexistence d’une loi par rapport a un individu, malheureusement. Pour nous CCU, ce verrouillage est important. Ceux qui sont contre cette proposition n’ont qu’à user de voies démocratiques qui sont prévues et non d’utiliser la menace, le chantage ou l’auto flagellation.

ACTU7 : le président du TP Mazembe a, lors de sa dernière sortie médiatique, estimé qu’il faut pardonner aux détourneurs des deniers publics. Est ce une façon de saboter le travail de l’IGF ou de jeter un discrédit à la justice ?

TM : Comment est ce qu’un Homme d’Etat peut oser dire qu’il faille à une Nation dont la justice serait le levier d’élévation de laisser les voleurs voler ? C’est aberrant ! Comment pardonner à celui qui a détourné les sous prévus pour la gratuité de l’enseignement de nos enfants ? Ou à celui qui a détourné les sous destinés à construire des hôpitaux pour sauver des vies ? Chaque franc collecté par les services d’assiettes de l’Etat provient de plusieurs sources dont les taxes payées par nos mamans commerçantes qui à coup de sacrifices énormes, paient pour que l’Etat fonctionne. Et quand un fonctionnaire ou mandataire vole cet argent, il doit être puni. Qu’il ait géré aujourd’hui hier ou demain. Le travail de l’actuelle IGF n’est en rien une chasse à la sorcière ou un bras séculier d’un pouvoir dictatorial qui ferait la chasse aux sorcières. Mais plus, un instrument important dans le sens de l’orthodoxie de la Gestion de la chose publique.

ACTU7 : Pour Katumbi, Félix Tshisekedi est responsable numéro 1 de son bilan. Êtes-vous d’accord avec lui ?

TM : Oui il est responsable numéro un de son bilan dans la mesure globale des choses, et toutes les personnes qui cogèrent avec lui l’Etat, le sont aussi. A degré différent mais le sont tout aussi.

ACTU7 : État de siège dans l’Est du pays prorogé pour la 6e fois malgré les critiques de certains congolais et mouvements associatifs. Quel bilan faites-vous ?

TM : Comment les gens peuvent être si impatients ? La situation d’instabilité dans l’Est de la RDC dure depuis 1994. Près de 27 ans. Et l’on ne peut espérer endiguer cela en si peu de temps. Il faut de la patience surtout que depuis 2003, cette crise sécuritaire a changé de forme pour devenir une vraie application du terrorisme moderne. Une guerre insidieuse qu’il faille terminer par la persévérance, la patience et la collaboration entre forces sécuritaires et population. Pour moi, c’est encore très tôt pour que l’on enregistre de manière significative des changements positifs pour un mal bi-décennal.

ACTU7 : Les autorités militaires dénoncent l’implication des élus du peuple dans la crise persistante dans les provinces sous état de siège. Qu’en dites-vous ?

TM : Plusieurs voix se sont levées pour accuser certains élus d’entretenir des groupes armés. Il est temps je pense, de les traduire en justice si les preuves sont réunies. L’opinion a le droit de savoir car le dire sans qu’il n’y ait une action forte, ne sert à rien et ne reste qu’une réthorique inutile.

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ACTU7 : Que faut-il faire réellement pour que l’état de siège produise des résultats escomptés ?

TM : Il faut nécessairement faire des évaluations fréquentes comme c’est le cas maintenant. Ensuite, associer les civils dans la lutte de cette insécurité car certains mouvements comme le cas des ADF sont dans cette partie du pays depuis 1985. Bon nombre d’actuels éléments de ce mouvement sont nés ici en RDC et donc, ont des racines avec les populations locales. Sur base de cette réalité, seule une vraie collaboration entre civile et militaire peut aider les renseignements pour traquer les vilains qui, le jour vivent en civile avec les villageois et la nuit se transforment en bourreau. Et enfin, établir une vraie collaboration avec les pays limitrophes pour éviter de créer une base arrière à ceux qui peuvent fuir car traqués par notre armée.

ACTU7 : Gouvernement des warriors, 100 jours après, une réussite où un échec ?

TM : L’on ne peut pas encore parler de réussite dans un temps si court. D’ailleurs en ce qui me concerne ce principe de 100 jours qui n’est qu’une copie de ce qui se fait ailleurs, je le trouve ridicule car ça ne représente rien en terme de temps d’évaluation, étant relativement court face à des enjeux aussi importants que comptent le Congo. Par contre, s’il faut juger l’action des premiers pas, je peux vous dire que c’est positif et ça suscite de l’espoir. Dans chaque secteur de la vie on sent la main de l’exécutif, malgré le fait qu’il doit y avoir plus d’efforts côté social. Mais déjà avec la maîtrise du taux de change et de l’inflation, avec la baisse des prix des produits de première nécessité et du coût des billets d’avion, on se dit que le train a pris une bonne direction. Attendons de voir d’ici 6 mois pour une vraie évaluation.

ACTU7 : Vous êtes président de la jeunesse du parti de Lambert Mende, ancien porte-parole du gouvernement et ministre de la communication et médias sous Joseph Kabila. Actuellement vous faites partie de l’union sacrée de la nation. Comment se portent les relations entre Lambert Mende et Joseph Kabila ?

TM : Lambert Mende est un républicain au sens grec du terme. A ce titre, il aura toujours du respect envers les personnes qui ont incarné ou incarnent l’Etat en République Démocratique du Congo. N’attendez pas de lui de se fixer une amitié de circonstance avec un chef de l’Etat ou un ancien président. Sachez juste que ses relations envers qui que ce soit ne sont dictées que par le sens du devoir et de l’action qui compte pour nos populations.

ACTU7 : Élection présidentielle en 2023 c’est dans deux ans, quel est votre candidat ?

TM : L’honorable Mende s’est prononcé pour ce qui est de notre position. Je vais donc le paraphraser. La CCU est dans l’union sacrée. Et donc de ce fait, il est évident, logique et normal que nous soutenions l’actuel Chef de l’Etat pour qu’il ait droit à son second mandat à la tête de la RDCongo.

Interview réalisée par Jeff Kaleb Hobiang

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