Ituri : La société civile de Babombi dénonce les « tracasseries contre les retournés »

Les populations qui retournent dans certains villages pacifiés par l’armée dans la chefferie de Babila Babombi, au sud du territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri, sont l’objet des « tracasseries » par les services de sécurité et ceux de cette chefferie.

Cette dénonciation émane de la société civile de cette entité coutumière faite ce samedi 8 janvier 2022. D’après Gilbert Sivamwenda, cadre de cette structure citoyenne et leader d’opinion de la chefferie de Babila Babombi, les services de sécurité enregistrent tous les passants et leur demandent de retirer chacun sa pièce d’identité moyennant une somme d’argent variant entre 500 et 2 000 francs congolais. À cela s’ajoute la taxe voirie de la chefferie de Babila Babombi que tout détenteur d’engins automoteurs doit payer. Pour lui, ces pratiques sont de nature à décourager les habitants qui veulent retourner dans leurs villages. Il appelle les autorités de se pencher sur cette question pour permettre le retour à la vie normale dans cette entité.

« (…) C’est vrai que la situation sécuritaire s’est considérablement améliorée depuis le 24 décembre (…) mais ce qui nous étonne, c’est certaines pratiques que nous ne comprenons pas (…) À Makeke et Bella, les services de sécurité enregistrent tout passant, mais lui demande de payer entre 500 et 2 mille francs pour retirer sa pièce d’identité (…) Ça nous inquiète, car cette population est déplacée et elle a besoin de l’aide, mais la ranconner comme ça peut décourager ceux qui veulent retourner (…) Que ces services comprennent que cette population souffre (…) il y a aussi la taxe voirie de la chefferie (…) Que les autorités se penchent sur cette question vraiment (…) », déplore Gilbert Sivamwenda Kasereka dans des propos recueillis par ACTU7.CD.


Contacté sur ce dossier, l’administrateur militaire adjoint du territoire de Mambasa indique que la tracasserie routière figure parmi les premiers problèmes qui lui avaient été soumis au lendemain de son arrivée à Mambasa. Le colonel Maxime Tshishimbi Mpombwa rassure que les autorités travaillent sur cette question en rappelant les hommes en uniforme à l’ordre et au professionnalisme. Avec le contexte de « guerre asymétrique », il est hors de question d’exclure les contrôles aux différentes barrières, soutient cette autorité militaire.

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« (…) C’est une question sur laquelle nous travaillons et continuons à travailler.
Il faut chaque fois y veiller, rappeler les hommes à l’ordre, au professionnalisme (…)
Des interdictions formelles de telles pratiques sont diffusées chaque fois lors des réunions. Mais l’on ne peut exclure le contrôle à la barrière, car c’est une nécessité par rapport au contexte de guerre asymétrique que nous vivons. D’autre part sans toutefois l’appuyer, il faut faire la différence entre les barrières de contrôle de nos services de défense et les barrières techniques de la Police de Circulation Routière qui, des fois, exigent des contraventions auprès de conducteurs des engins (…) », explique le colonel Maxime Tshishimbi Mpombwa au cours d’un échange avec ACTU7.CD.

Par ailleurs, l’administrateur militaire adjoint du territoire de Mambasa assure que les autorités travaillent sur cette question et sont « engagées pour que la population vaque librement à ses occupations » dans cette zone où la situation sécuritaire tend à s’améliorer depuis une dizaine de jours “grâce aux actions de l’armée”.

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Andy Kambale Matuku, à Mambasa

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