Plusieurs jeunes arrêtés dans un « bouclage » dans la commune de Kinshasa

 

Des habitants de la commune de Kinshasa, du moins ceux qui ont circulé la nuit de jeudi 29 septembre, ont eu la peur au ventre. Une patrouille policière très importante a été observée depuis la nuit, aux abords de 23h jusqu’à ce matin.

Plusieurs jeunes comme vieux ont fait objet d’arrestation. Il suffit de n’avoir pas de cartes d’identité, rôle que joue la carte d’électeur, pour que vous soyez la proie des forces de l’ordre habillées en tenue policière et civile. D’autres cibles, c’est des personnes qui parlent des langues totalement étrangères à la RDC.

Sur place, une ceinture épaisse des éléments de la police encadre toutes les entrées. Huilleries, Mont des Arts, Kasa-Vubu, Wangata, Raïl… il n’y a pas d’entrée ni de sortie. Certains parents n’ont pas pu envoyer leurs enfants à l’école, par peur de franchir ces barrières. Plusieurs personnes n’ont pas également pu se rendre dans leurs lieux de travail.


Aux environs du Camp Lufungula d’où est rédigé cet article, c’est la psychose totale ! Si certaines avenues sont sèches, d’autres par contre sont garnies de groupes de gens essayant de comprendre ce qui se passe ou racontant les faits qu’ils ont vécus depuis la nuit.

Soupçons de coup d’État ?

Lorsque nous avons tenté d’aborder des agents de l’ordre pour savoir un peu plus sur la motivation de ce bouclage, l’accès nous a été fermé. L’indication « presse » sur notre vêtement de travail paraît gênant pour eux. Mais un habitant du quartier, un très proche d’un policier, avait pris langue avec ce dernier et a accepté de nous en parler à basse voix.

Selon cet habitant du quartier, la Police recherche des infiltrés. Il y aurait au moins six cent (600) personnes qui ont fait incursion dans la commune de Kinshasa et sont éparpillés dans différents coins. Parlant une langue complètement étrangère à la RDC, ces personnes « prépareraient un coup d’État ».

« (…) Selon ce que l’agent de l’ordre m’a dit, ces gens étaient déjà en train de se téléphoner pour savoir s’ils sont au complet avant de passer à l’action », nous a-t-il relaté.

Pendant ce temps, toutes les entrées et sorties dans les avenues demeurent toujours bloquées.

Patrick Nguwo, depuis la commune de Kinshasa

 

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