Butembo : « Des croyances religieuses et des propagandes des charlatans entravent la prise en charge des personnes vivant avec le VIH » (FEPSI)

 

Les croyances religieuses ainsi que des propagandes faites par des charlatans entravent les activités de prise en charge des Personnes Vivant avec le VIH (PVV) dans la ville de Butembo, au Nord-Kivu. Cette inquiétude a été exprimée ce jeudi 1er décembre à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre la pandémie de VIH/SIDA, par Gertrude Tambavira, médecin traitant au Centre Hospitalier de l’organisation des Femmes Engagées pour la Promotion de la Santé Intégrale, (FEPSI), spécialisée dans le dépistage et la prise en charge des personnes porteuses du VIH et des victimes des violences sexuelles.

À l’en croire, des charlatans qui se font passer pour guérisseurs du VIH/SIDA détournent nombreux malades de leur prise en charge médicale au sein de cette structure. À cela s’ajoute des églises qui prétendent guérir cette maladie par la prière. Par conséquent, nombreux des patients reviennent de ces lieux dans un état de santé critique et leur prise en charge devient difficile, déplore docteur Gertrude Tambavira.

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« Ils sont (porteurs du VIH, ndlr) en train d’être trompés par ces charlatans, au fait un charlatan qui ne comprend pas la maladie c’est quoi, qui ne sait même pas la physiopathologie, il ne connait pas comment ça fonctionne. Alors, nous sommes vraiment désolés pour les gens qui mettent leur confiance en ces charlatans. À un moment, nous pouvons évoluer avec quelqu’un, mais à un moment il peut être trompé par des charlatans ou par des églises qui disent qu’elles vont prier pour eux, ils nous reviennent au troisième stade où on ne saura même plus les prendre en charge parce que le charlatan va lui demander d’arrêter les médicaments, les antirétroviraux », a-t-elle expliqué.


Docteur Gertrude Tambavira rappelle qu’il n’y a pas de remède « traditionnel et spirituel » à la pandémie de VIH-SIDA. Elle demande à la communauté locale de se préserver de toute forme de recours au traitement prescrit par les charlatans.

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Il convient de préciser que le taux de prévalence de la maladie à virus du SIDA est passé de 3,8 l’année dernière à 4,6 pour cette année. Les femmes sont plus touchées par ce fléau. L’organisation FEPSI rapporte que nombreux des cas dépistés au niveau de sa structure sanitaires ont été notifiés dans les rangs des jeunes filles exploitées dans des maisons de tolérance et des populations déplacées hébergées dans la ville.

Didy Vitava, à Butembo

 

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