Les activités socio-économiques ont été à l’arrêt ce jeudi 29 décembre 2022, dans la cité de Mambasa, à près de cent soixante (160) kilomètres au sud de Bunia, dans la province de l’Ituri. La société civile et les représentants des opérateurs économiques ont décrété deux (2) journées de deuil en mémoire d’un opérateur économique mort de suite des blessures par balles.
Dans les rues à moitié désertes de la cité, de petits groupes de jeunes se forment. Sur la rue « cent mètres », principale artère conduisant au marché « Zala na Mbangu », quelques habitants qui voulaient venir s’approvisionner au marché ne cachent pas leur incompréhension.
« (…) C’est vrai que ça nous touche tous, mais arrêter le travail parce qu’il y a un commerçant mort et déjà enterré, je trouve cela comme une sorte d’auto-punition (…) Là, c’est la population qui est punie pour un fait dont elle est aussi victime (…) », déclare Anita Francine au micro ACTU7.CD.
Un autre jeune homme croisé aux abords du marché central Kabila, au quartier Mputu, dans la partie Est de la cité, « ne comprend pas pourquoi les responsables de la société civile obligent les rares opérateurs économiques n’ayant pas suivi leur mot d’ordre à fermer leur porte ».
« (…) Pourquoi ils font cela alors que chacun est libre ? Oui Éric [l’opérateur économique tué] est décédé et rien ne peut nous le rendre, mais nous sommes dans un État démocratique. Chacun peut décider de fermer ou ouvrir son activité (…) », a-t-il lancé.
Par ailleurs, certains habitants pensent « qu’il s’agit d’un signal fort lancé aux autorités » par l’ensemble de la population de Mambasa. Dans sa réponse à la lettre lui adressée par la société civile en rapport avec ces deux (2) jours de deuil, l’administrateur militaire adjoint du territoire de Mambasa a demandé à ces responsables de « reconsidérer leur position » compte tenu du contexte humanitaire difficile que traverse le territoire de Mambasa, avec notamment des déplacés « vivant au taux du jour ».
Andy Kambale Matuku, à Mambasa





