Appel aux Chefs Religieux pour sauver le Peuple par les Élections de 2023 (Tribune)

Son Eminence, Cardinal Fridolin Ambongo Chers Chefs religieux,
Chers Compatriotes,

Notre patrie, la République Démocratique du Congo est en danger ! Le bilan de ces deux dernières décennies se résume à 12 millions de Congolais tués, le pillage systématique des richesses du pays, la misère insupportable de la population, une agression rwandaise qui a entraîné des centaines de milliers de déplacés internes et une tentative de balkanisation du pays. Ceci sous le regard indiffèrent d’une classe politique inconsciente.

Cependant, nous nous sommes contentés d’observer, critiquer et dénoncer tous ces politiciens responsables de la souffrance de notre peuple. Nous les avons traités de médiocres, corrompus, traîtres, etc. et avons marché pacifiquement à plusieurs reprises en guise de consternation et de protestation. Malgré cela, ils ont ignoré nos pleurs, préférant faire passer leurs intérêts personnels avant tout. Il est maintenant temps de rallier les paroles aux actes pour récupérer le pouvoir qui appartient au peuple souverain lors des prochaines élections. Abraham Lincoln avait dit : « La démocratie, c’est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. »


I serait important de signaler que la crise congolaise aurait deux principales causes :

1. L’incompétence des dirigeants du pays.
2. Le choix d’un système politique totalement en décalage avec nos valeurs congolaises ou bantoues. Un système qui a entrainé le pays dans le chaos.

Je lance un appel solennel à toutes les confessions religieuses, à la société civile, aux chefs coutumiers autochtones, aux jeunes et vieux, à la diaspora congolaise et surtout aux politiciens engagés sur la voie du changement à s’unir tous autour d’un même idéal qui est la conquête du pouvoir. Le devoir patriotique nous oblige à sortir de nos paroisses, couvents, églises, mosquées et temples pour libérer notre peuple. Adorer Dieu, c’est aussi aimer, aider son prochain !

Nous sommes plus nombreux que ce petit groupe de politiciens mafieux et leurs familles qui détruisent notre pays. Si nous unissons tous les moyens humains, matériels et financiers à notre disposition et présentons un seul candidat à l’élection présidentielle, notre candidat gagnera sans aucun doute. A cet effet, la création d’une plateforme électorale devient incontournable.

En effet, le peuple Congolais avec l’aide des hommes de Dieu, devra se regrouper, s’organiser et ensuite se mobiliser pour la conquête du pouvoir, dans le seul but de faire exécuter par le futur président de la République un programme que les représentants des différentes composantes de la plateforme électorale auront ensemble soigneusement élaboré. L’essentiel de ce programme devra permettre la réalisation des objectifs suivants :

1. Maintien de la paix, la sécurité et l’intégrité territoriale. 2. Accélération du développement socio-économique.
3. Création d’un nouveau système politique authentique.

La réalisation des objectifs ci-dessus sera subordonnée aux actions suivantes :

1. Création d’une plateforme électorale.
2. Adoption d’un programme politique.
3. Désignation d’un candidat commun à l’élection présidentielle. 4. Création d’un Comité de suivi.

I. Création d’une Plateforme Electorale

J’exhorte les Présidents de la CENCO et de l’ECC à bien vouloir accepter le rôle d’organisateurs en invitant toutes les composantes autour d’une même table en vue de la création de la nouvelle plateforme électorale. J’exhorte aussi les Evêques de la CENCO, le CLC, les représentants de l’ECC, les représentants des autres confessions religieuses, les représentants de la société civile, les représentants des chefs coutumiers autochtones et les hommes politiques ou chefs des partis politiques à faire preuve à la fois d’humilité et de patriotisme, et de ne ménager aucun effort pour le succès de ce grand évènement qui changera le cours de l’histoire de notre pays. Des discussions peuvent aller dans le sens de l’acquisition de la plateforme Lamuka, tout en faisant modifier son statut.

Il est temps pour notre jeunesse de quitter tous ces partis politiques qui les condamnent au chômage, à la pauvreté et à une mort précoce. Regroupons-nous tous ensemble dans une grande famille qui aura pour mission la libération de notre pays afin que demain nos fils et petit- fils puissent vivre dans la paix, la prospérité et la dignité sur le sol de nos ancêtres.

Ils ont volé notre victoire en 2018 comme l’a révélé sans vergogne Paul Kagame, qui à l’époque jouait le rôle de président de l’Union africaine. S’ils osent répéter un tel acte qui est une moquerie à la démocratie en faveur de n’importe quel imposteur, le peuple se soulèvera farouchement conformément à l’article 64 de notre Constitution.

II. Adoption d’un Programme Politique

Le programme sera débattu et adopté par les représentants des différentes composantes. Il sera exécuté progressivement tout le long du mandat du nouveau président de la République. Le programme consisterait, mais ne se limiterait pas aux points suivants :

1. Formation d’un gouvernement ayant au maximum 25 ministres.
2. Restructuration des forces armées et de la police nationale.
3. Révision de la Constitution en vue de la création d’un nouveau système politique. 4. Création du Bureau Permanent d’Etudes Stratégiques composé d’experts dans des domaines clés (défense, géopolitique, industrie, économie, finances, etc.)
5. Révision des contrats miniers, forestiers, etc.
6. Développement de l’industrie de transformation des matières premières.
7. Planification et accélération du développement agro-industrielle dans les 145 territoires. Chaque territoire deviendra une entité économique à part entière. Les provinces demeurant des entités politico-administratives.
8. Prohibition des importations des produits que le pays serait capable de produire ou de fabriquer (riz, maïs, poulets, outils agricoles, vêtements, ustensiles de cuisine, etc.)
9. Amélioration de l’accès à l’électricité et à l’eau potable.
10. Construction des infrastructures (routes, écoles, hôpitaux, aéroports, bâtiments administratifs, etc.).
11. Prohibition de la chasse aux investisseurs étrangers comme seule méthode de développement économique du pays au profit de la création des entreprises par l’Etat Congolais et la promotion de l’entrepreneuriat.
12. Lutte contre la corruption et le tribalisme, et réduction du train de vie des dirigeants et des institutions.
13. Décentralisation de la CENI et maintien de son indépendance financière vis-à-vis des pays étrangers ou des organisations internationales.
14. Annulation de l’Arrêté ministériel créant la commune rurale de Minembwe.
15. Adoption de la loi sur l’irrévocabilité de la nationalité congolaise pour les Congolais d’origine.

III. Désignation d’un Candidat Commun à l’Election Présidentielle

Apres publication du programme par les représentants de la plateforme électorale, un candidat commun à l’élection présidentielle aussi que le futur Premier ministre seront choisis par consensus. Le candidat à l’élection présidentielle sera choisi pour son patriotisme, son intégrité, ses compétences, sa capacité à mener à bien le programme qui lui sera soumis et tout en tenant compte de sa popularité par rapport aux autres candidats.

A partir de ce moment, une grande mobilisation sera lancée sur toute l’étendue du territoire national, celle-ci accompagnée des grandes marches de soutien au candidat du peuple. La mobilisation atteindra toutes nos villes, cités, villages, la diaspora et les réseaux sociaux. Comme dans une guerre, tous les moyens seront mis en œuvre afin d’arracher une victoire indiscutable.

Une collecte des fonds destinés à la campagne électorale sera organisée de manière transparente par les Confessions religieuses, les ONG et certaines organisations de la diaspora.

IV. Création d’un Comité de suivi

Un comité de suivi sera mis en place à la fois pour veiller sur le bon déroulement du programme et pour mesurer progressivement son succès.

Annexe : Nouveau Système Politique

La paix et le développement socio-économique d’un pays restent étroitement liés à sa stabilité politique. Dès son entrée au pouvoir, le président de la République commencera à préparer la création d’un nouveau système politique. La Constitution sera révisée à cette fin et la IVe république proclamée au début de la dernière année de son mandat. Le Haut Conseil de la République (HCR) ou le Parlement sera créé et ses sièges répartis de manière équitable entre les quatre composantes, dont les partis politiques, les confessions religieuses, la société civile et les chefs coutumiers autochtones, formant ainsi une grande coalition dénommée Coalition nationale (CN). La CN serait l’émanation de l’Arbre à palabres de nos ancêtres et aura en son sein plusieurs courants d’idées, mais sans l’existence des deux blocs (pouvoir et opposition).
Le paradigme du pouvoir et de l’opposition politique serait très loin de servir les intérêts de notre nation, car n’étant pas adapté à notre culture bantoue. Dans notre société, le pouvoir est synonyme de domination, enrichissement personnel, dévouement à un seul homme, la peur, l’impunité, la ruée vers les postes politiques, tandis que l’opposition c’est l’oppression, la peur et la pauvreté. Les membres permanents du HCR entreront en fonction immédiatement après la proclamation de la IVe République.

Dès lors, le pays aura à sa tête un président « plus protocolaire » dans le sens où il présidera sans gouverner, mais incarnera l’unité nationale, tandis que le pouvoir exécutif sera conféré à un Présidium constitué de quatre membres issus du HCR.

Un Président de la République sans le pouvoir exécutif

La tentation de se comporter en monarque absolu est si pressante qu’un chef d’Etat qui jouit d’une majorité parlementaire obtenue soit par fraude électorale, soit par coalition ou débauchage des députés, pourrait prendre le contrôle de toutes les institutions du pays. Dans un contexte d’illégitimité, les tares qui minent notre société à savoir, les malversations financières, la corruption et l’impunité pourraient rapidement s’ériger en mode de gestion au détriment du peuple Congolais, victime des errements de ses leaders politiques. Fort d’un pouvoir quasi autocratique, le président de la République se trouverait dans une position d’intouchable, libre d’engager le pays dans n’importe quelle direction, en fonction de ses intérêts personnels et, pourquoi pas, de ceux de ses parrains.

Privé du pouvoir exécutif, tout candidat au poste de président de la République dont l’enrichissement personnel et la réalisation des agendas cachés constitueraient les raisons sous-jacentes de son ambition, pourrait être découragé et conduit à renoncer à ses visées de conquête du pouvoir.

Sans le pouvoir exécutif, toute dérive dictatoriale d’un chef d’Etat devient improbable sachant, par exemple que la justice cessera d’être instrumentalisée, laissant entrevoir les perspectives d’un véritable Etat de droit et les lois du pays cesseront d’être remplacées par des « deals » secrets.

Dans la IVe république, le président de la République sera élu par suffrage universel indirect. Parmi ses attributions, il nommera le Premier ministre après désignation de celui-ci par les membres du Présidium et recevra les lettres de créance des nouveaux ambassadeurs

Un Présidium de quatre membres possédant le pouvoir exécutif

1. Les membres du Présidium seront issus des quatre composantes du Parlement (parti politique avec le plus grand nombre de députés, CENCO, société civile et chefs coutumiers autochtones). Ceci impliquera une transparence dans la gestion du pays et toutes les décisions seront prises dans l’intérêt suprême de la nation.

  1. Les membres du Présidium seront originaires des quatre différentes régions géographiques ou espaces linguistiques du pays. Ceci éliminera les tensions tribales et renforcera la cohésion nationale.
  2. Le Présidium, par sa nature, éliminera les conflits politiques créés en raison de la conquête du pouvoir par des individus ou partis politiques. Cette conquête serait à l’origine de l’absence de démocratie, de la paralysie de l’appareil de l’Etat, de la mauvaise gouvernance et des pertes des vies humaines.
  3. Le Présidium nous donnera l’assurance que seules les institutions du pays seront fortes et qu’aucun individu, groupe d’individus, parti politique ou groupement politique ne pourrait en aucun cas prendre le peuple en otage. Ceci garantira le principe démocratique de la séparation des pouvoirs.
  4. Il sera beaucoup plus difficile de manipuler tous les membres du Présidium dans leur ensemble, choisis pour leur patriotisme, leur compétence, leur intégrité et possédant des visions politiques différentes, que de manipuler un seul individu dont la filiation ou les bagages de mensonges et de promesses seraient peut-être les seuls atouts.
  5. Le Présidium sera assisté pour la prise des décisions par des experts du Bureau Permanent d’Etudes Stratégiques. Ces experts de carrière seront plus efficaces que la myriade des conseillers qui abondent les cabinets de la présidence de la République et disparaissent à la fin de chaque mandat. La plupart de ces conseillers n’étant que des fanatiques recrutés au sein du parti politique au pouvoir, la famille présidentielle et les amis intimes du Président.
  6. Il est temps de rompre avec la tradition des « pompiers » qui consiste à ne solliciter l’intervention de la CENCO et de l’ECC que pour résoudre des situations déjà gâtées. Leur participation permanente à la gestion du pays nous évitera des nombreux problèmes en amont. Il en va de même pour la société civile et les chefs coutumiers autochtones. « Gouverner, c’est prévoir ! ».

Autres dispositions concernant le nouveau system politique

  1. Le Sénat sera supprimé.
  2. La composition du HCR (Parlement) sera comme suit :
    1. 145 députés élus issus des partis politiques (un siège par territoire)
    2. 145 députés élus issus de la société civile (un siège par territoire)
    3. 145 députés élus parmi les chefs coutumiers autochtones (un siège par territoire)
    4. 145 députés désignés par les confessions religieuses en tenant compte de leur tauxde représentativité à l’échelle nationale (un siège par territoire).
    5. Membres permanents : anciens chefs d’Etat, anciens présidents du HCR, ancienspremiers ministres (ceux ayant servi après l’adoption de la nouvelle Constitution), le président en exercice de l’Association des chefs coutumiers, le président en exercice de la société civile et les chefs des six confessions religieuses. Les membres permanents assureront la continuité de l’Etat en cas de dissolution du Parlement ou en cas de crise.Ne pourra être validé comme candidat dans un territoire que toute personne de nationalité congolaise ayant résidé de manière permanente dans les limites de ce territoire pendant les deux dernières années précédant les élections législatives.
      f. L’Assemblée Générale comptera 145 députés (un député représentant chaque territoire) et les membres permanents du HCR.
      3. Le Présidium désignera le Premier ministre, les mandataires des entreprises publiques, les juges de la Cour constitutionnelle et les membres de la CENI.
      4. Le Premier ministre sera choisi parmi les anciens ministres, anciens gouverneurs, généraux retraités ou chefs d’entreprises, ceux ayant fait preuve d’intégrité et de bon gestionnaire. Il formera un gouvernement composé de vingt-cinq ministres au maximum, ces derniers choisis parmi les politiciens de toutes les tendances, les technocrates et les anciens officiers supérieurs de l’armée ou de la police.

5. Les réformes institutionnelles affecteront aussi la CENI et les gouvernements provinciaux. 6. La restauration des 11 provinces.

Au cas où le régime actuel était incapable d’organiser les élections dans les délais constitutionnels comme par le passé, mettant en évidence les failles du système politique actuel, le Président Tshisekedi Tshilombo serait contraint de proclamer l’avènement de la IVe République avec l’instauration d’un nouveau système politique tel que proposé dans cette lettre.

Un nouveau système politique basé sur la Coalition nationale serait sans aucun doute la solution à la crise congolaise qui perdure et l’espoir de notre jeunesse. Grâce à ce système, notre grand et riche pays retrouvera la paix, la prospérité et sa souveraineté. Ceci deviendra le ciment de la nation Congolaise et notre force pour la défense et la reconstruction de notre pays.

Le peuple est appelé à prier pour nos leaders religieux afin que Dieu, le Tout Puissant, leur donne la force et la sagesse leur permettant de prendre le commandement de cette bataille électorale jusqu’à la victoire finale.

Hommes de Dieu, ne vous laissez pas intimider par des insultes ou des menaces de tout genre de la part des ennemis du peuple, ceux-là qui défendent les anti-valeurs. Prenez les devants pour libérer votre peuple et ensemble nous vaincrons !

Que Dieu bénisse la RDC !

Antoine Bokony, Courriel : abokony@gmail.com

 

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