La déclaration du Président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, affirmant lors d’une plénière tenue dimanche 15 juin, que 318 personnes auraient été massacrées à Moba, dans la province du Tanganyika, a provoqué une onde de choc. Une minute de silence a été observée au Parlement en mémoire de ces victimes, mais cette annonce soulève aujourd’hui de sérieuses interrogations.
Sur le terrain, les autorités locales disent ne pas comprendre l’origine de ce chiffre. L’administrateur du territoire de Moba, Victor Kamfwa Kyongo, s’est dit surpris par cette affirmation. « Ce chiffre, nous sommes en train de l’entendre comme ça, mais moi-même, comme administrateur de ce territoire, je ne sais pas vous dire quel jour il y a eu cet affrontement qui a fait ça », a-t-il déclaré à Actu7.cd, écartant toute idée de massacre récent à grande échelle.
Selon Victor Kamfwa, il s’agirait plutôt d’un bilan global lié aux exactions commises depuis plusieurs années par un groupe armé actif dans la région. « Ça doit être un cumul des actions menées par ce chef rebelle depuis qu’il a commencé en 2017 jusqu’à présent », a-t-il avancé. Une hypothèse qui soulève la question de la fiabilité des sources ayant alimenté l’intervention de Vital Kamerhe.
Le groupe rebelle cité dans cette affaire est conduit par un certain Mutono Mukabila. Actif dans la chefferie de Kansabala, il est accusé d’une longue série de crimes : enlèvements, viols, assassinats ciblés, et extorsions via l’imposition de taxes illégales aux populations locales. Toutefois, les services de sécurité locaux assurent qu’aucun événement récent ne justifie un bilan aussi alarmant.
D’ailleurs, depuis février 2025, un processus de désarmement est en cours dans cette partie du territoire. « Ce groupe avait même déposé deux armes à feu aux mains des services de sécurité, symbole de la cessation des hostilités en faveur de la paix », a confirmé l’administrateur du territoire. Malgré ces avancées, il admet que des poches de résistance subsistent et que certaines activités illégales perdurent.
Frank Kalonji





