Le Gouvernement congolais amorce une réforme d’envergure de la législation sur les hydrocarbures, dix ans après la promulgation de la loi n°15/012 de 2015. Jeudi 31 juillet 2025, le Ministre des Hydrocarbures, Aimé Molendo Sakombi, a lancé à Kinshasa les travaux d’un atelier national visant à revoir les failles du régime juridique actuel afin de le rendre plus attractif pour les investisseurs et plus adapté aux enjeux contemporains.
Devant une assemblée composée de parlementaires, d’experts, d’agents techniques et de partenaires du secteur, le Ministre a souligné la nécessité d’adapter le cadre légal aux défis de la transparence, de la durabilité et de la compétitivité. Il a pointé du doigt les lenteurs de la procédure d’appel d’offres, un système fiscal jugé dissuasif, l’absence de critères techniques pour classer les blocs pétroliers ainsi que le manque de stocks stratégiques, autant de facteurs ayant freiné l’arrivée de nouveaux acteurs, comme l’ont montré les résultats décevants de l’appel d’offres de juillet 2022.
Malgré les atouts du texte de 2015 tels que la possibilité de signer des contrats de partage de production ou l’utilisation du marquage moléculaire pour contrôler les produits pétroliers, les résultats en matière de production restent en deçà des attentes. Avec une moyenne de 25 000 barils par jour, la RDC se classe 86e au rang mondial, alors que ses trois bassins sédimentaires affichent un potentiel énergétique considérable.
Face à cette situation, le gouvernement veut insuffler une nouvelle dynamique. Deux commissions techniques travailleront sur cette réforme : l’une dédiée à l’amont pétrolier (exploration, fiscalité, contenu local, environnement), l’autre à l’aval (distribution, fixation des prix, électrochimie. Objectif : aboutir à une loi modernisée capable d’attirer aussi bien les grandes multinationales que les PME locales, à l’instar du modèle nigérian.
Cette initiative pourrait marquer un tournant stratégique pour le secteur pétrolier congolais, encore sous-exploité, mais crucial pour la souveraineté énergétique et la diversification de l’économie nationale.
PK





