Consacré par la Constitution de 2006, le fonctionnement des Assemblées provinciales dans les onze provinces que comptait alors la République démocratique du Congo avait suscité un certain espoir démocratique. Ces institutions étaient censées jouer un rôle clé dans le contrôle de l’action des gouvernements provinciaux et dans l’ancrage de la gouvernance locale.
Cependant, avec le découpage territorial de 2015 ayant porté le nombre de provinces à 26, une expérience déjà tentée peu après l’indépendance, le chaos institutionnel est devenu presque inévitable. Les Assemblées provinciales, censées être les piliers du contrôle démocratique local, se sont progressivement transformées en foyers d’instabilité, minées par des dissensions internes chroniques.
Aujourd’hui encore, nombre de provinces peinent à fonctionner normalement, principalement à cause de cette instabilité persistante dans leurs organes délibérants. À cela s’ajoute la question des faibles moyens de fonctionnement, notamment les 40 % de rétrocession budgétaire, largement insuffisants pour faire face aux besoins structurels des provinces, particulièrement les plus pauvres.
Mais au-delà des contraintes financières, c’est surtout le rôle des Assemblées provinciales elles-mêmes qui est remis en cause. De nombreux analystes estiment qu’au lieu de constituer un contre-pouvoir institutionnel efficace, elles sont devenues des arènes de conflits politiques, souvent alimentés par des intérêts personnels et partisans, au détriment de l’intérêt général.
Le constat est amer : l’expérience des Assemblées provinciales, dans leur forme actuelle, semble avoir échoué. Ce dysfonctionnement appelle une réflexion urgente du législateur congolais sur la nécessité de repenser le cadre juridique, institutionnel et budgétaire de ces structures. Il s’agit non seulement de corriger les erreurs du passé, mais aussi de garantir une gouvernance locale plus stable, transparente et au service des populations.
Mupechi Pechi André





