Kinshasa : délabrement des ronds-points Gambela, Kimpwanza, Victoire, Ezo et Ngaba, symboles de l’absence de l’État

 

Les principaux carrefours de la ville de Kinshasa se trouvent aujourd’hui dans un état de délabrement avancé, sans que cette situation ne semble attirer l’attention des décideurs politiques appelés à y remédier. Une réalité qui choque profondément les Kinois dans leur ensemble.

Autrefois des coins de référence et de grande affluence, les ronds-points Gambela, Kimpwanza, Victoire, Yolo Ezo et Ngaba sont, depuis plusieurs années, laissés à l’abandon, dans une indifférence quasi totale. Cette situation constitue une preuve éloquente de l’absence de l’État dans la gestion urbaine de la capitale, pourtant administrée comme un espace habité par des millions de citoyens. Or, la mission première des gouvernants est de veiller à la bonne marche de la cité. À la question de savoir si tel est le cas pour Kinshasa, la réponse ne peut être que négative.

L’on est en droit de se demander pourquoi les programmes de réhabilitation de la voirie urbaine semblent soigneusement éviter ces lieux publics, pourtant miroirs de la capitale congolaise. Le rond-point Ngaba, autrefois connu sous le nom de Ma Campagne, fut un véritable joyau pour la partie sud-ouest de la ville. Le rond-point Ezo, donnant vers Limete, jouait un rôle stratégique dans la circulation urbaine. Le rond-point Gambela demeure le carrefour des carrefours, en raison du marché du même nom, densément fréquenté. Le rond-point Victoire, quant à lui, constitue un point névralgique entre plusieurs communes.


S’agissant du rond-point Kimpwanza, il représente un haut lieu de mémoire et de convivialité, notamment les week-ends, avec le célèbre bar Kimpwanza, situé à deux pas du carrefour, où se produisait autrefois l’orchestre Zaïko Langa Langa. Autant de lieux chargés d’histoire, aujourd’hui défigurés.

Lire aussi  Projet Métrokin : Un autre mort-né ?

Or, la beauté d’une ville se mesure à la qualité de son environnement, à l’état de ses infrastructures et à l’attention accordée aux espaces publics. Pour y parvenir, l’État doit exercer pleinement son autorité et assurer une gestion efficiente dans tous les domaines touchant à la vie de la population.

Il revient donc aux autorités en charge des infrastructures et des travaux publics de prendre leurs responsabilités et de poser des actes concrets pour redonner à Kinshasa l’image d’une capitale digne de ce nom.

Zamenga Odimbale

Lire aussi

Les plus populaires