Les recettes issues de la vente des nouvelles plaques d’immatriculation profiteront-elles réellement à l’État congolais ou principalement à des intérêts privés ? La question suscite de vives interrogations alors que la Direction générale des impôts (DGI) est engagée dans une vaste opération de mise en circulation de ces plaques, pourtant essentielles pour les automobilistes.
Selon des sources bien introduites, la clé de répartition des recettes générées par cette opération placerait l’État congolais en position défavorable, au profit de tiers privés. Vendue à 115 dollars américains, chaque plaque ne rapporterait que 36 dollars au Trésor public, contre 35 dollars pour l’ancienne plaque.
Dans le détail, 30 dollars seraient affectés au coût de production de la plaque par le fournisseur, tandis que 35 dollars seraient perçus par des intermédiaires privés. La part restante serait destinée à un « comité de suivi » composé de membres des cabinets ministériels, de cadres de la DGI et de représentants de l’entreprise Castillo Service RDC.
Cette répartition interpelle d’autant plus que, dans la loi de finances 2026, les recettes issues des immatriculations automobiles sont évaluées à seulement 2,2 millions de dollars américains, un montant jugé largement en deçà du potentiel réel de cette opération.
Plusieurs observateurs évoquent ainsi de possibles violations des règles de passation des marchés publics, une opacité persistante dans la gestion des fonds et de graves soupçons de captation de revenus publics au profit d’intérêts privés.
Un bénéficiaire présumé est cité : Georges Batuleji, présenté comme cadre du parti au pouvoir et proche de hautes sphères politiques. Il serait lié à l’entreprise Castillo Service RDC, filiale de la société belge Castillo Valere BV, attributaire du marché à l’issue d’un appel d’offres qui aurait été lancé sans publicité préalable.
Ces révélations relancent le débat sur la gouvernance des finances publiques et la transparence des contrats conclus par l’État, à un moment où la mobilisation des recettes internes est présentée comme un pilier central de la politique économique nationale.
Mupechi Pechi André





