Le spectacle est révoltant à Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï Central. À peine trois mois après leur asphaltage, plusieurs routes réhabilitées par l’entreprise Safrimex présentent déjà des dégradations visibles, notamment des nids-de-poule qui se multiplient dangereusement.
Plus surprenant encore, pour « réparer » ces dégradations précoces, l’entreprise a choisi de combler les trous avec du ciment gris à l’état brut, une pratique qui frise l’amateurisme et choque profondément les usagers. Un acte perçu par de nombreux habitants comme une insulte à l’intelligence collective et une preuve flagrante de légèreté dans l’exécution des travaux.
Cette manière de procéder donne l’impression que Safrimex agit en toute liberté, sans contrôle ni crainte de sanctions. Une situation qui pousse à s’interroger : Kananga serait-elle devenue une jungle où les normes techniques sont ouvertement bafouées ? Pour beaucoup d’observateurs, la réponse semble malheureusement évidente.
Il est d’autant plus incompréhensible que ces travaux soient financés par l’État congolais. Voir une entreprise chargée de la réhabilitation routière se permettre de telles pratiques appelle, sans détour, à l’interpellation immédiate de ses responsables et à l’ouverture d’une procédure publique afin d’établir les responsabilités.
Alors que le lancement de ces travaux avait suscité espoir et soulagement au sein de la population, la désillusion gagne déjà du terrain dans la « ville blanche ». Une réalité amère qui heurte les consciences et renforce le sentiment que l’argent public est trop souvent dilapidé au détriment de l’intérêt général.
Zamenga Odimbale





