En République démocratique du Congo, aborder la problématique de la connexion Internet relève presque de la moquerie cynique tant la qualité du service laisse à désirer. Pour de nombreux abonnés, l’Internet promis par les opérateurs de télécommunications reste une illusion, loin des slogans publicitaires et des offres alléchantes.
Les sociétés de télécommunication donnent l’impression de s’être spécialisées dans un marketing trompeur, au point de se discréditer durablement auprès d’une clientèle de plus en plus frustrée. Du bluff, tout simplement. À Kinshasa comme dans l’arrière-pays, le constat est le même : une connexion instable, lente et souvent inexistante.
Dans la capitale congolaise, où les opérateurs de téléphonie mobile ont longtemps fait miroiter une connectivité digne des standards internationaux, la réalité s’apparente désormais à une arnaque à ciel ouvert. Dans plusieurs communes, notamment à Tshangu, Mont-Amba, Funa ou encore Lukunga, les usagers peinent à accéder aux services de base qu’offre une connexion Internet fiable.
La gymnastique quotidienne à laquelle se livrent les abonnés déplacements incessants à la recherche d’un signal, achats répétés de forfaits inefficaces, redémarrages constants des téléphones frise l’indignité. Ce spectacle désolant est rendu possible par la liberté quasi totale dont semblent jouir les opérateurs Vodacom, Orange, Africell, Standard Télécom et Airtel, sans oublier la multitude de fournisseurs informels, communément appelés « électrons libres ».
Implantées depuis plus de vingt ans pour certaines, ces entreprises profitent d’une concurrence peu agressive et d’une régulation timorée pour imposer, en toute impunité, un service de piètre qualité devenu étrangement « normal ». Une situation qui interroge sur la protection des consommateurs et sur la capacité de l’État à imposer des standards minimaux de qualité.
À l’heure où le numérique est présenté comme un levier de développement, d’éducation et de gouvernance, cette défaillance chronique de la connexion Internet porte gravement atteinte à l’image d’un pays déjà confronté à de multiples défis structurels.
Zamenga Odimbale





