OIF : Juliana Lumumba face à Louise Mushikiwabo, la RDC affiche ses ambitions

 

La République démocratique du Congo a fait le choix de briguer, pour les quatre prochaines années, la direction de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en désignant Juliana Lumumba comme candidate au poste de secrétaire générale. Fille du panafricaniste et héros national Patrice Emery Lumumba, elle porte une candidature à forte portée symbolique et historique.

Ce choix opéré sous le régime du président Félix Tshisekedi est salué par plusieurs observateurs, qui y voient une volonté de valoriser l’image de la RDC sur la scène internationale. Au-delà de la dimension symbolique, les enjeux sont importants : l’OIF regroupe près de 90 États et gouvernements ayant en partage l’usage de la langue française et des valeurs communes telles que la promotion de la démocratie, des droits de l’homme, de l’éducation et de la coopération culturelle.

Depuis 2018, l’organisation est dirigée par la Rwandaise Louise Mushikiwabo, réélue en 2022. Toutefois, des critiques s’élèvent contre son bilan, certains estimant que l’OIF n’a pas pleinement atteint les objectifs qu’elle s’est assignés. Des analystes évoquent notamment des tensions politiques régionales et s’interrogent sur la cohérence de la gouvernance de l’organisation dans un contexte marqué par des différends entre États membres.

Lire aussi  Genève : la RDC et Andorre officialisent l’établissement de leurs relations diplomatiques

Pour ses partisans, la candidature de Juliana Lumumba représenterait l’opportunité de redonner un nouveau souffle à l’OIF, en recentrant son action sur ses missions fondamentales : la promotion de la langue française, le renforcement de l’espace démocratique, le respect des droits humains, ainsi que l’appui à la formation et à l’éducation. Diplômée en sciences politiques et experte en questions culturelles, elle est présentée comme une personnalité capable d’insuffler une nouvelle dynamique à l’institution.

La récente présence du président Félix Tshisekedi en France est perçue par certains comme un signal diplomatique fort en faveur de cette candidature. Dans un contexte géopolitique sensible, la compétition s’annonce stratégique.

Reste à savoir si les États membres feront le choix du changement à la tête de l’organisation créée en 1970, ou s’ils maintiendront leur confiance à l’actuelle secrétaire générale.

Zamenga Odimbale

 

Lire aussi

Les plus populaires