Lors de sa récente confrontation avec les professionnels des médias, Modeste Bahati Lukwebo n’a pas éludé l’épineuse question de la révision ou du changement de la Constitution. Sans détour, le président national de l’AFDC-A et deuxième vice-président du Sénat s’y est opposé fermement.
Pour lui, il n’est nullement nécessaire de réviser ou de changer la Loi fondamentale de 2006, aujourd’hui âgée de vingt ans. Il a ainsi rejeté l’argument avancé par le professeur Boshab Mabudj Mabileng, selon lequel une Constitution deviendrait révisable après dix-sept ans d’existence. Bahati Lukwebo estime que les problèmes du Congo ne trouvent pas leur origine dans les textes juridiques, mais plutôt dans les hommes chargés de les appliquer, un raisonnement qui contredit également les positions du professeur Mbata Mangu.
Selon le deuxième vice-président du Sénat, justifier une révision constitutionnelle par l’âge du texte ne repose sur aucune théorie scientifique solide. Cette prise de position met en lumière des divergences notables au sein d’une même famille politique, l’Union sacrée de la Nation. Expression démocratique ou fissure interne ? La question reste posée.
Toutefois, en s’attaquant frontalement à ses collègues, Bahati Lukwebo n’échappe pas lui-même au débat sur la responsabilité collective. Mbata, Boshab et lui ont, chacun à leur manière, participé à la gestion du pays à différentes étapes de son histoire politique. Sa sortie médiatique, aussi tranchée soit-elle, ne fait pas nécessairement de lui le recours attendu par certains.
Zamenga Odimbale





