Le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, est de nouveau plongé dans une série d’insécurité. Ce, suite à la recrudescence des attaques attribuées aux rebelles des Forces Démocratiques Alliées (ADF). Depuis le 17 mars 2026, plusieurs civils ont été tués dans différentes localités, tandis que des biens de la population continuent d’être systématiquement détruits.
Selon des sources de la société civile, au moins dix personnes ont perdu la vie dans les villages touchés, notamment à Nzaro, situé au PK80 sur la Route Nationale Numéro 44 (RN44). En plus de ces pertes humaines, une quinzaine de motos ont été réduites en cendres. Maître John Vuleveryo, activiste des droits humains dans la région, tire la sonnette d’alarme. Il dénonce notamment le fait qu’il est devenu impossible d’accéder à certaines zones pour procéder à l’inhumation des victimes. Selon lui, de corps en décomposition sont abandonnés faute de sécurité.
« Au niveau de Nzaro, on rencontre une dizaine de personnes tuées, également plus de quinze motos incendiées sur la RN44. La situation reste d’une gravité extrême, le village étant encore sous occupation des rebelles ADF », a-t-il déclaré.
La peur s’est installée durablement dans cette partie du territoire. Selon notre source, les assaillants circuleraient librement sans être inquiétés. Cette situation a entraîné la paralysie du trafic sur l’axe Mambasa-Isiro, un corridor stratégique pour les échanges économiques locaux.
Pour Maître Vuleveryo, il ne s’agit plus d’attaques isolées, mais d’une stratégie d’occupation progressive accompagnée d’un climat de terreur généralisé.
« Ce qui se passe n’est plus une série d’attaques isolées mais une occupation progressive et organisée. Il faut un déploiement immédiat et massif des FARDC ainsi que des opérations offensives soutenues », a-t-il insisté.
Depuis plus de deux semaines, les rebelles multiplient les incursions dans plusieurs localités, notamment au carré minier de Muchacha, ainsi que dans les villages de Mavuvu, Alimbi et Nzaro. Des sources concordantes indiquent également que ces combattants auraient établi des positions dans la Réserve de faune à Okapis, un site pourtant classé parmi le patrimoine mondial.
JC Mbafumoja





