Le gouvernement de la République démocratique du Congo poursuit l’opération d’identification des éleveurs transhumants Mbororo dans les provinces du Haut-Uélé, du Bas-Uélé et du Nord-Ubangi, afin de mieux connaître leur présence, leurs mouvements et les zones occupées par leurs troupeaux.
L’annonce a été faite par le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, lors de la 97e réunion du Conseil des ministres, tenue le 28 août 2026 à la Cité de l’Union africaine.
Selon le gouvernement, une Commission interministérielle a été déployée sur le terrain, avec l’appui des autorités provinciales et territoriales, pour mener ce travail d’identification dans les différentes zones concernées.
Cette mission s’inscrit dans le prolongement des travaux d’une commission spéciale mise en place sur instruction du président Félix Tshisekedi, face aux tensions récurrentes liées à la présence des éleveurs nomades dans plusieurs localités du nord de la RDC.
Concrètement, l’opération vise notamment à établir une base de données fiable sur le nombre d’éleveurs présents, à identifier leurs origines et leurs lieux de stationnement, ainsi qu’à cartographier les itinéraires empruntés par les troupeaux lors des mouvements de transhumance.
« Cette opération vise à doter l’État de données fiables sur leur présence, origines, localisations et les itinéraires empruntés par les troupeaux », a expliqué Jacquemain Shabani Lukoo.
Les autorités congolaises précisent que cette mission ne constitue pas une opération d’expulsion, mais plutôt une démarche destinée à permettre à l’État de mieux encadrer et gérer la transhumance dans les zones concernées.
L’enjeu est notamment de prévenir les conflits entre les éleveurs et les communautés locales. Dans plusieurs territoires, la présence des Mbororo est régulièrement à l’origine de tensions, les populations les accusant notamment de destruction des champs, de pollution des sources d’eau et d’autres exactions.
À travers cette identification, le gouvernement entend également améliorer le suivi sanitaire du bétail et renforcer la coordination des interventions de l’État dans les zones affectées.
« Mieux connaître pour mieux gérer et anticiper. La sécurité de nos populations passe aussi par une meilleure connaissance du terrain pour une action coordonnée de l’État », a souligné le ministre de l’Intérieur.
Les résultats de cette opération sont particulièrement attendus dans plusieurs territoires du Bas-Uélé, notamment à Ango, Bambesa et Poko, où la présence des éleveurs transhumants Mbororo demeure depuis plusieurs années une source de tensions avec les communautés locales.
Emery Lucky Poya





