RDC-Rwanda : Kinshasa riposte aux déclarations de Kagame, Muyaya dénonce des « mensonges répétés »

 

La tension verbale entre Kigali et Kinshasa monte d’un cran. Au lendemain des propos du Président rwandais Paul Kagame, niant toute implication de son armée en République démocratique du Congo, le Gouvernement congolais a vivement réagi. Patrick Muyaya, Ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, a dénoncé ce qu’il qualifie de « mensonges répétés » de la part du Président rwandais. Pour lui, ces affirmations sont de plus en plus difficilement soutenables face à la réalité du terrain.

Intervenant samedi 5 juillet sur les ondes de Radio Okapi, Patrick Muyaya a pointé du doigt une contradiction flagrante dans le discours de Kigali. « On ne peut pas signer un accord lorsque l’on ne s’est pas engagé dans un conflit », a-t-il lancé, en référence à l’accord de paix signé le 27 juin à Washington. Encadré par la médiation du secrétaire d’État américain Marco Rubio, ce texte engage les deux pays sur plusieurs volets : cessation des hostilités, respect des frontières, désengagement militaire, désarmement des groupes armés, et relance de la coopération bilatérale.

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Pour le Gouvernement congolais, la signature même de cet accord est une reconnaissance implicite du rôle du Rwanda dans la crise sécuritaire qui secoue l’Est de la RDC. Patrick Muyaya accuse Kigali de tenir un double discours : s’afficher comme acteur de paix tout en poursuivant, selon lui, une politique d’agression déguisée. « Ces mensonges répétés commencent à toucher à leur fin », a-t-il prévenu, soulignant que les preuves de la présence militaire rwandaise sur le sol congolais ne manquent pas.


Le Ministre congolais est également revenu sur le modèle politique du Rwanda, qu’il juge peu compatible avec les valeurs démocratiques. Il a mis en cause l’absence de libertés fondamentales dans ce pays, notamment « l’absence de pluralisme politique, de liberté de la presse et de respect des droits humains ». Pour Muyaya, un régime marqué par un tel verrouillage institutionnel n’a pas de légitimité nécessaire pour donner des « leçons de gouvernance » à ses voisins.

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Alors que l’accord de Washington apparaît comme une avancée diplomatique fragile, Kinshasa appelle Kigali à la cohérence et au respect des engagements pris. Dans un contexte régional toujours instable, la parole politique des dirigeants est désormais scrutée à l’aune des actes posés sur le terrain.

 

PK

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