Mercredi 27 août restera une date historique dans l’affaire de présumé détournement de 19 millions de dollars impliquant l’ancien ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba Tungunga.
Ce jour, réservé au prononcé du jugement dans ce dossier aux contours encore flous, a pris une tournure inattendue. En effet, une mobilisation populaire surprise, initiée principalement par la jeunesse, est venue bouleverser le cours des événements.
À Lubumbashi, Kabinda et Kinshasa, des milliers de personnes ont répondu à l’appel et se sont rassemblées pour suivre le procès Mutamba. À Kinshasa particulièrement, la foule compacte qui a accompagné l’accusé jusqu’au siège de la Cour de cassation a donné l’impression de suspendre le temps.
La mobilisation sans précédent a fait vibrer la capitale et s’est ressentie jusque dans d’autres villes du pays. La jeunesse a battu le pavé, exigeant l’acquittement de « l’un des leurs », poussant ainsi les juges de la haute instance judiciaire à « lire les signes des temps ». Résultat : l’audience a été reportée.
Certes, le jugement doit rester tributaire de l’intime conviction du juge et non de la pression populaire. Mais force est de constater que, ce jour-là, la mobilisation a semblé l’emporter sur le principe.
La question demeure : faut-il mettre en péril la paix sociale pour un dossier qualifié par certains d’« artificiellement monté », alors que de nombreux criminels financiers avérés continuent de circuler en toute liberté ? La paix, dit-on, vaut plus que l’or et même plus que les principes.
Zamenga Odimbale





