Un climat de deuil et de désolation a régné ce mercredi 19 novembre 2025 dans le secteur des Bapere, territoire de Lubero, au Nord-Kivu. Les activités socio-économiques ont été paralysées. À l’appel de la société civile, la population a observé une journée morte pour dénoncer le carnage survenu à Byambwe, où 28 civils ont été tués lors d’une incursion attribuée aux ADF.
Les écoles ont également fermé leurs portes. Sur le terrain, les boutiques et autres maisons de commerce sont restées closes. Au marché de Njiapanda, seuls quelques vendeurs de vivres étaient présents. Même constat à Mangurejipa, chef-lieu du secteur des Bapere, où la société civile évoque un respect total de la mesure.
Le président de la société civile, Samuel Kagheni, salue cette mobilisation et rappelle au gouvernement ses responsabilités. Selon lui, la restauration de la paix nécessite une collaboration étroite entre civils et forces de défense.
« Nous avons beaucoup perdu : nos frères, nos sœurs, nos parents… Et nous devons prendre le temps de réfléchir, car la question sécuritaire n’est pas seulement l’apanage des forces armées. Elle exige une mutualisation des efforts. C’est pourquoi nous prônons le mariage civilo-militaire. La population participe à la restauration de la paix et doit relayer de vraies informations à nos forces et services de sécurité », a-t-il déclaré.
Face à la tension persistante, le gouvernement congolais assure suivre de près la situation. Le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, a indiqué que Kinshasa se prépare à agir sur plusieurs volets.
« Le gouvernement est pleinement mobilisé. Toute la situation, que ce soit dans le Grand Nord ou en Ituri, est suivie assidûment. Avec les différents gouverneurs militaires, nous veillons à apporter des réponses de tout type : sécuritaires, mais aussi humanitaires, en soutien à toutes les familles victimes, notamment des ADF », a affirmé Patrick Muyaya.
Les dépouilles des 28 victimes ont été enterrées entre samedi et dimanche. Chaque famille a procédé à la mise en terre de ses proches. Entre-temps, la situation demeure volatile : au moindre mouvement suspect, les habitants fuient vers des zones qu’ils espèrent plus sécurisées.
JC Mbafumoja





