Le gouvernement provincial du Maï-Ndombe annonce la mise prochaine sur le marché d’un premier lot de cinq tonnes de poissons produits localement grâce à son projet d’aquaculture. Cette initiative vise à répondre à la raréfaction du poisson observée depuis plusieurs mois dans la province et à renforcer la sécurité alimentaire des populations.
Selon les autorités provinciales, la diminution des ressources halieutiques est notamment causée par l’utilisation de techniques de pêche prohibées, particulièrement les moustiquaires, qui détruisent les alevins et accélèrent la disparition de plusieurs espèces dans les rivières ainsi que dans le lac Maï-Ndombe.
Pour faire face à cette situation, le gouvernement provincial a lancé un programme d’élevage piscicole basé sur l’insémination artificielle. Les premières espèces produites sont le tilapia et le clarias, communément appelé « Ngolo », deux variétés très prisées par les consommateurs locaux.
Le gouverneur du Maï-Ndombe, Lebon Nkoso Kevani, s’est félicité des résultats obtenus et a annoncé que cette expérience sera progressivement étendue à l’ensemble des territoires de la province.
« Nous avons commencé par la construction d’une écloserie. On a fait appel aux spécialistes pour l’insémination artificielle des poissons, ce qui a produit des alevins. Pour le premier lot qui sera mis sur le marché, cela va avoisiner 5 tonnes. Le clarias, communément appelé Ngolo, et le tilapia sont les espèces les plus avancées. Nous avons initié ce projet parce que nos rivières ne sont plus poissonneuses à cause de l’utilisation des filets interdits. Là, nous avons déjà réussi, ce qui reste à faire, c’est de l’étendre dans les territoires » a déclaré le gouverneur.
Cette première récolte constitue une étape importante pour la relance du secteur halieutique dans la province. Les autorités espèrent que le développement de l’aquaculture permettra non seulement de réduire la pression exercée sur les ressources naturelles, mais également de garantir un approvisionnement régulier en poisson sur les marchés locaux.
Doté d’un important potentiel halieutique grâce à ses nombreuses rivières et au lac Maï-Ndombe, l’un des plus vastes plans d’eau de la RDC, le Maï-Ndombe entend désormais miser sur l’aquaculture comme alternative durable à la pêche traditionnelle confrontée à la surexploitation des ressources.
Emery Lucky Poya





