RDC-Plainte contre Kabila :  » La démarche de Mukuna doit surmonter trois obstacles majeurs pour être crédible » (Tribune de J.P Tshimanga)

I.Etat de la question

Depuis plusieurs mois, Monsieur Pascal Mukuna évêque de l’Eglise « Assemblée Chrétienne de Kinshasa » (ACK) et Président du mouvement dénommé « Eveil Patriotique », tient, avec acharnement, légèreté et désinvolture des propos de haine, de diabolisation, de diffamation et de dénonciations calomnieuses à l’encontre du Président honoraire de la République Démocratique du Congo et des membres de ses familles politique et biologique.

Bien plus, tant dans ses predications à l’Eglise que dans les médias, et particulièrement sur les réseaux sociaux, Monsieur Pascal Mukuna, s’est illustré par des propos insultants, xénophobes et insurrectionnels.

En date du 07 mai 2020, Monsieur Pascal Mukuna a déposé une dénonciation à l’encontre du Président honoraire de la République, Monsieur Joseph KABILA, auprès du Procureur Général près la Cour constitutionnelle. Dans cette dénonciation, il répertorie 10 (dix) dossiers faisant état entre autres des massacres, des assassinats et des fosses communes, qui seraient à charge de l’ancien Chef de l’Etat, Autorité morale du FCC, et sollicite à ce qu’il soit entendu et poursuivi pour les crimes commis sous son régime.


Quelques jours avant le dépôt de ladite dénonciation, il y a eu une polémique autour d’une vidéo sextape, qui a du reste fait le tour des réseaux sociaux, impliquant l’évêque Pascal Mukuna que l’on montre en plein ébat sexuel avec une femme dans une voiture.

Ces images ont divisé l’opinion publique congolaise en deux blocs. D’un côté, il y a ceux qui pensent que cette vidéo serait un funeste montage mis en place par les personnes voulant faire taire l’évêque Pascal sur ses révélations sur les crimes commis par Joseph KABILA KABANGE pendant ses mandats présidentiels.

D’un autre côté, en revanche, il y a des personnes qui estiment que la sextape n’est pas un montage. C’est d’ailleurs pourquoi l’homme de Dieu qui est tombé aurait déposé sa dénonciation aux fins de détourner l’opinion sur le scandale sexuel l’impliquant. Cette dénonciation ne serait qu’une simple diversion.

Un jour après le dépôt de la dénonciation, Madame Mamie Tshibola, épouse de Nkantshia Milongo, un ancien collaborateur de l’évêque Pascal Mukuna, a déposé au Parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe, une plainte contre l’évêque Pascal MUKUNA pour viol, rétention illicite et menaces de mort.

Selon la plaignante, l’évêque Pascal MUKUNA l’a obligée à avoir des relations sexuelles avec lui pour récupérer le certificat d’enregistrement d’une parcelle de son défunt mari. A l’en croire, les deux dernières relations sexuelles qu’elle aurait eues avec lui étaient sous la menace d’une arme.

II. Observations

L’acharnement de l’évêque Pascal MUKUNA contre le Président honoraire de la
République Démocratique du Congo, Joseph KABILA, ainsi que la dénonciation qu’il a déposée à son encontre auprès du Procureur général près la Cour constitutionnelle étonnent une certaine opinion étant donné que cet homme de Dieu était jusqu’ici considéré comme un allié voire même un proche de l’ancien Président et de ses familles politique et biologique. Nul n’est besoin de rappeler à l’opinion publique les vidéos des prêches de l’évêque en train de jeter les fleurs à Joseph KABILA, artisan de l’alternance démocratique.

Il avait même battu campagne en faveur du candidat du FCC, Monsieur Emmanuel RAMAZANI SHADARY, à la présidentielle de 2018. Il est clair que pour beaucoup des compatriotes congolais l’immoralité, l’inconstance et la versatilité de l’évêque Pascal MUKUNA ruinent le crédit de ses propos et de ses actes dirigés contre l’ancien Chef de l’Etat.

Bien plus, les propos tenus par le même évêque Pascal MUKUNA aussitôt après le dépôt de sa dénonciation étonne également dès lors qu’il y implore l’implication des Etats-Unis et de l’Europe. Une chose est de saisir une instance judiciaire nationale, une autre est de s’adresser aux instances étrangères, (Electa una via). On ne peut pas à la fois prétendre faire confiance aux institutions de son pays, et en même temps en appeler aux institutions étrangères sans laisser planer une once de méfiance à l’égard des premières.

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Cette incohérence éclaire tant sur le but inavoué de la démarche que sur l’inconscience notoire de l’homme qui amorce une aventure dans les eaux trouble de la politique.

A tout bien considérer, la dénonciation de l’évêque Pascal MUKUNA énerve les dispositions non seulement de l’article 164 de la Constitution qui rend la Cour constitutionnelle juge pénal du Président de la République et du Premier ministre pour un certain type d’infractions politiques mais aussi des articles 7 et 8 de la loi sur le statut des anciens Présidents de la République élus du 26 juillet 2018. Si selon l’article 7 précité, ‘’Tout ancien Président de la République élu jouit de l’immunité des poursuites pénales pour les actes posés dans l’exercice de ses fonctions’’, l’article 8 de la même loi dispose que :’’Pour les actes posés en dehors de l’exercice de ses fonctions, les poursuites contre tout ancien Président de la République élu sont soumises au vote à la majorité des deux tiers des membres des deux chambres du Parlement réunies en Congrès suivant la procédure prévue par son Règlement intérieur’’.

En l’espèce, et au regard des dispositions vantées ci-avant, l’ancien Chef de l’Etat Joseph KABILA est réputé inattaquable en justice pour tous les actes commis dans l’exercice de ses fonctions.

Force est de relever qu’autant les pères fondateurs des Etats-Unis sont honorés et considérés par toute la nation américaine comme des héros alors que sous leurs différents mandats l’esclavage n’a pas été aboli, cela attestant pour autant que de besoin que l’œuvre humaine n’est jamais parfaite ; autant Joseph KABILA devrait être honoré par la nation congolaise pour ce qu’il a légué aux générations futures sans que son œuvre ne soit aussi parfaite.

Qu’il n’est point vain de rappeler que lorsqu’il a pris le pouvoir, la RDC était divisée en trois parties ; et lorsqu’il l’a quitté, le pays était bien unifié.

A son actif, l’on peut citer entre autres les accords de Sun City qui ont eu le mérite de mettre fin à la partition du pays et ont débouché sur l’exercice des pouvoirs sous la formule 1+4 ; la Constitution du 18 février 2006, œuvre de compromis et d’équilibre, qui régit l’Etat congolais à ce jour ; les trois cycles d’élections et ; enfin, la première passation civilisée des pouvoirs entre un Président sortant et son successeur.

C’est ici l’occasion de saluer la position éminemment patriotique de l’actuel Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, qui a, d’abord, et à l’entame de son mandat, reconnu, en toutes humilité et responsabilité, que son prédécesseur avait l’expertise requise pour la gestion des dossiers de la République ; c’est donc auprès de lui qu’il allait recourir pour s’imprégner des trucs et astuces de la fonction. Ensuite, il l’a qualifié de partenaire de l’alternance démocratique et n’a cessé, au vu et au su des acteurs de la vie nationale et internationale, aussi bien de défendre leur coalition au pouvoir mais aussi de le consulter assez souvent. Enfin, pour préserver la paix et l’équilibre des institutions chèrement acquis, il a choisi de ne pas fouiner dans le passé.

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III. Avis et suggestions

La démarche de l’évêque MUKUNA doit surmonter trois obstacles majeurs pour être crédible. Il s’agit d’abord, et avant tout, de sa propre image ; ensuite, la pertinence, la consistance et l’adéquation de ses prétentions et ; enfin, les objectifs avoués et non avoués de son entreprise. S’agissant de l’image de l’évêque Pascal MUKUNA, celle-ci est suffisamment ternie.

C’est donc un homme de Dieu inconstant, versatile, immoral, incohérent et inconscient qui agit en étant visiblement aux abois. Quant à ses allégations, elles sont dénuées de tout fondement et ne reposent sur aucune preuve alors même qu’elles sont mal dirigées. Concernant la motivation, l’homme est à la quête d’une rédemption. Serviteur de la dernière heure, il a voulu user et abuser de la fibre tribale pour se rapprocher davantage de l’actuel Président de la République. Il est désormais à découvrir car son modus operandi est connu.

Le revers de sa nouvelle notoriété, ce qu’elle va assurément l’exposer à des affaires judiciaires. Outre la plainte de madame Mamie TSHIBOLA évoquée ci-haut, il n’est pas exclu que la sœur de celle-ci qui a été également victime des rapports sexuels forcés avec le même évêque Pascal MUKUNA, sous menaces d’une arme dans le même bureau, puisse également saisir la justice.

Il en sera de même de Monsieur Noel TSHIANI, ancien candidat à la présidentielle de 2018, qui a été victime d’escroquerie de la part de l’évêque Pascal MUKUNA. Bien d’autres victimes de cet homme vont se manifester.

Jusque-là, le silence qui constitue la seule attitude affichée par le Président honoraire de la République, Joseph KABILA KABANGE, ainsi que par les membres de ses familles politique et biologique témoigne d’une marque de confiance à l’égard des institutions de la RDC, et particulièrement des parquets, cours et tribunaux. Il est temps que toutes ces personnes qui ont été exposées au mépris public et dont l’honneur a été atteint injustement puissent se pourvoir comme de droit. Sans nul doute, l’évêque Pascal MUKUNA sera déclaré coupable des imputations dommageables au sens de l’article 74 du Code Pénal congolais pour tous les propos de haine, de diabolisation et de diffamation qu’il a tenus à l’encontre du Président honoraire de la République, Joseph KABILA, et des membres de ses familles politique et biologique.

Quant à l’éveil patriotique, il s’agit d’une entreprise noble que l’on ne peut confier à des personnes indignes. Il revient aux dignes filles et fils du pays de s’en charger. L’appel est patriotiquement lancé aux leaders politiques, culturels, sportifs et autres d’assurer l’éducation politique des masses. Il faut conscientiser et sensibiliser nos populations sur les enjeux globaux et vitaux de notre destinée commune en tant que congolaises et congolais, et non nous dresser les uns contre les autres.

La coalition au pouvoir, en l’occurrence FCC-CACH, devrait avoir une coordination animée par des véritables gardiens de la stratégie du pouvoir pour cette législature. C’est donc cette structure qui serait chargée de concevoir, préparer, et élaborer des lignes de conduite à observer en cas des menaces. Il ne faut pas perdre de vue que le mouvement de l’évêque MUKUNA vise entre autres à mettre à néant la coalition FCC-CACH et à déférer en justice les membres du FCC. Devant de telles menaces, il ne faut pas agir en ordre dispersé. Il n’est pas tard pour bien agir.

Jean Pierre Tshimanga, Député National

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