Le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a lancé officiellement, jeudi 5 novembre 2026, à Kinshasa, le processus de digitalisation des recettes judiciaires et d’interconnexion des juridictions, des offices de parquet et des établissements pénitentiaires en République démocratique du Congo.
Cette initiative bénéficie de l’appui technique du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et du soutien financier de l’Union européenne. Elle vise notamment à renforcer la transparence dans la gestion des recettes judiciaires et à améliorer la coordination entre les différentes institutions du secteur de la justice.
La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, de l’ambassadeur de l’Union européenne en RDC, Douglas Darius Carpenter, du représentant résident du PNUD, Kamil Kayode Kamaluddeen, ainsi que de plusieurs responsables des institutions judiciaires et pénitentiaires.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Programme conjoint d’appui à la réforme de la justice en RDC pour la période 2025-2029. Elle vise à améliorer la gestion des recettes publiques et à renforcer l’efficacité des services judiciaires au bénéfice des justiciables.
Portée par les institutions nationales, cette réforme s’inscrit dans la vision du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, relative à la modernisation de l’État et au renforcement de la bonne gouvernance. Elle s’aligne également sur le programme d’action du gouvernement dirigé par la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka.
La digitalisation des recettes judiciaires prévoit le remplacement progressif des mécanismes manuels de perception par un système numérique sécurisé, permettant de suivre et de vérifier les différentes opérations financières.
Ce dispositif devra notamment faciliter le contrôle des recettes mobilisées, des juridictions concernées et des transactions effectuées.
Cette réforme entend également réduire les risques de perceptions irrégulières, de surfacturation et de perte des preuves de paiement. Pour les justiciables, elle devrait simplifier les procédures de paiement et améliorer l’accès aux informations relatives aux frais légalement exigibles.
Parallèlement, l’interconnexion des juridictions, des offices de parquet et des établissements pénitentiaires permettra de mettre en place une infrastructure numérique commune et sécurisée. Ce système devra faciliter l’échange d’informations entre ces services, améliorer leur collaboration et assurer une meilleure continuité des activités judiciaires.
Prenant la parole à cette occasion, Guillaume Ngefa a présenté cette réforme comme une étape importante dans la modernisation de l’administration de la justice et la lutte contre les pratiques qui compromettent la transparence du système judiciaire.
« Cette réforme constitue une étape majeure dans la modernisation de l’administration de la justice et dans la lutte contre les pratiques susceptibles d’affecter la transparence et la crédibilité du système judiciaire », a déclaré le ministre d’État.
L’Union européenne a, de son côté, réaffirmé son engagement à accompagner les réformes destinées à consolider l’État de droit, à renforcer la redevabilité des institutions publiques et à améliorer l’accès des citoyens à une justice de qualité.
Le PNUD a également réitéré sa disponibilité à soutenir le gouvernement congolais dans le déploiement de solutions numériques durables, sécurisées et inclusives. L’agence onusienne a particulièrement insisté sur l’appropriation nationale des outils, la formation des utilisateurs et la pérennité des investissements.
Le suivi de cette réforme reposera notamment sur des indicateurs liés au nombre de sites interconnectés, au volume des paiements digitalisés, au montant des recettes sécurisées, à la réduction des délais de traitement ainsi qu’au niveau de satisfaction des usagers.
Emery Lucky Poya





