RDC : Les députés d’abord, le peuple après

La phrase magique du feu Sphinx de Limete « le peuple d’abord », est demeurée encrée dans le mental de tout Congolais, à telle enseigne que le slogan a le mérite d’être considéré comme le thermomètre pour tout dirigeant. Dans l’entendement de l’auteur,  » le peuple d’abord  » met au centre de tout, l’homme. Il met en exergue les intérêts de la population congolaise qui a souffert depuis le chant du coq. Oui, le Congolais est entrain de végéter et sa souffrance va crescendo. Certains malades meurent dans des hôpitaux par manque de seringues. D’autres déchirent leur CV, tout simplement parce que submergés par des dettes jusqu’au cou.

Selon les statistiques de certaines organisations non gouvernementales, plus de 90% de la population vivent de l’informel. Ils ont bien eu raison d’avoir à coeur l’article 15 d’une Constitution non écrite : « Débrouillezvous ».

Au départ, Étienne Tshisekedi, auteur du slogan  » Le peuple d’abord « , est parti d’un constat très amer de la gestion calamiteuse des régimes Mobutu et Kabila. Ainsi, a-t-il préconisé le bien-être du peuple avant tout.

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Aujourd’hui, le parti historique de  » Ya Tshitshi  » est au pouvoir, défiant tous les pronostics des pessimistes effrénés. A première vue, la matérialisation de « le peuple d’abord » ne peut souffrir d’aucun retard ni entorse.

L’être et l’agir du Chef de l’État corroborent bien la maxime, celle de mettre en vedette l’amélioration du vécu quotidien du peuplé. En témoigne, l’indépendance de la justice. L’appareil judiciaire a désormais les mains libres pour exercer sa mission, celle qui élève la nation.

Cependant, la seule volonté du Chef de l’État ne suffit pas. Il faut l’accompagnement de plusieurs, si non de tous les Congolais. En première ligne, les politiques, les mandataires des entreprises publiques, mais aussi des élus du peuple.

Ironie du sort! Les représentants de la population ayant reçu l’aval du souverain primaire de siéger au Parlement en son nom, n’ont malheureusement pas à coeur le souci du peuple meurtri.

De part leur fonctions, les députés sont des intercesseurs de la population auprès des décideurs. Toute leur action consiste à voter les lois du pays, contrôler l’exécutif, le tout concourant au bien-être de la population.

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Leurs discours électorales en disaient long.  » La fête passée, adieu le saint », dit un sage anonyme. Une fois à l’hémicycle, les fameux élus ont dénaturé leur vocation, en devenant « les élus des familles ».

Nonobstant leurs émoluments bien consistant, les députés semblent n’être pas satisfaits de leurs avantages.  » Ils ont déjà quelque chose, pourquoi ne pas d’abord se soucier du social de la population ? », s’interroge Christian Ngonda, étudiant à l’Université de Kinshasa.

« Le peuple d’abord » est vidé de toute sa substance. Les élus ont oublié leurs mandants, alors que le mandat tend vers la fin. Il y a quelques jours, ils réclament déjà une augmentation de 2000 USD. Mais ils n’ont jamais exigé la baisse du prix de la farine, des vivres frais.

Les représentants des familles et non du peuple souhaitent que leurs émoluments soient revus à la hausse, alors que le pain devient une denrée rare. Aux dires des uns et témoignages des autres, « le Parlement congolais a changé la forme de  » le peuple d’abord » en « les députés d’abord, le peuple dehors ».

Bajika Édouard

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