RDC : Outre le monnayage des visites, la prison de Beni-Kangbayi fait face à la pénurie en vivres (ASADHO)

L’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO) a noté dans son rapport publié le 9 juillet 2020, que depuis janvier 2020, les détenus de la prison centrale de Beni-Kangbayi n’ont pas reçu une subvention de la part de l’État congolais, sauf les interventions ponctuelles du Comité International de la Croix-Rouge (CICR), de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation au Congo (MONUSCO) des membres des familles et d’autres volontaires.

Cette ONG pense que grâce à ces actions caritatives, les détenus ont trouvé à manger aux mois de mai et juin 2020.

« Depuis la suspension des messes suite à la pandémie de Covid-19, les Églises qui apportaient régulièrement leur assistance en vivres ne le font plus. Chose drôle est que les militaires et policiers commis à la garde de cette prison continuent à monnayer les visites, nonobstant l’interdiction formelle des autorités pénitentiaires », souligne l’ASADHO.


Au gouvernement congolais, l’ASADHO demande d’assurer d’une manière permanente des subventions en faveur de la prison de Beni ; assurer les soins médicaux de qualité d’une manière permanente aux détenus ; doter la prison de Beni-Kangbayi d’un champ pilote pour les détenus en vue de leur alimentation future (Mairie de Beni).

Elle invite la communauté locale/organisations de la société civile à accompagner les autorités pénitentiaires dans leur lutte consistant à interdire tour monnayage des visites des prisonniers ; dénoncer auprès de ces autorités les récalcitrants qui seront attrapés dans ces manœuvres ; visiter régulièrement les prisons et alerter vite les autorités sur les violations de droits humains observées.

L’ASADHO révèle que si rien n’est fait dans l’urgence, cette situation inquiétante à laquelle font face les détenus à la prison de Beni-Kangbayi, peut entraîner des risques de malnutrition pouvant causer morts d’hommes des détenus mécontents de cette situation, et peut ainsi causer des casses et des évasions aboutissant aux morts d’hommes.

Fabrice Ngima, à Beni

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