Kinshasa : l’immeuble ex-Plastica à Gombe spolié au détriment de l’Etat congolais

L’immeuble ex-plastica sise avenue Pumbu numéro police 15, plan cadastral 3904 à Kinshasa/Gombe serait spolié au détriment de l’État congolais, dénoncent certains agents de cadastre. D’après les sources, deux membres du Gouvernement seraient au coeur de cette affaire aux fins de déshériter l’État congolais en soustrayant cette concession.

Selon les agents de cadastre minier, l’affaire remonte au mois d’octobre 2019 « lorsque les deux ministres se sont concertés dans le but de faire des yeux doux à la nouvelle acquéreur dont il aurait eu vent de disposer d’une propriété dans le quartier des riches à Gombe ». Des proches de Maman Mobutu seraient même mises en contribution « comme caution d’une succession imaginaire de la défunte épouse du Maréchal Mobutu à qui reviendrait l’immeuble susvisé qui leur serait restitué avant d’établir un acte de vente en bonne et due forme au profit des nouveaux acquéreurs », affirme-t-on.

C’est seulement le 15 janvier que le ministre de l’Habitat aurait informé la nommée Mobutu Yemo Kosso Ndagbia résident en Belgique que « l’immeuble ex-Plastica ne faisait plus partie du domaine privé de l’État géré par le ministère de l’urbanisme et habitat, et que son ministère prendrait des dispositions nécessaires pour que cet immeuble ne figure plus dans l’arrêté ministériel répertoriant les immeubles de l’État dans la commune de la Gombe ». Ce qui implique que la nièce de Maman Mobutu pouvait désormais jouir de ce bien immobilier devenu miraculeusement le sien.

Lire aussi  Sud-Kivu : Accusé d'avoir tué civil, un militaire commis à la garde de la concession de Joseph Kabila à Bukavu devant la barre ce mercredi

« Malheureusement, ajoutent les services de cadastre, un faux certificat d’enregistrement datant de 2006, soit neuf ans après la fuite du Président Mobutu et toute sa famille aurait été délivré à la nouvelle acquéreur ». En effet, un autre obstacle de taille s’était érigé sur le chemin de spoliateurs. L’immeuble ex-Plastica abritait des services de la Présidence de la République et quelques trois locataires privés. Si pour les locataires l’ayant droit avait renoncé au loyer en les préavisant, il fallait un autre acte administratif pour déloger les services du cabinet du chef de l’État.

Ce spoliation de plus prouve à suffisance que la plupart de dirigeants congolais profitent de leurs mandats publics pour s’adonner à une course effrénée à l’enrichissement facile. Étant donné que toutes les preuves de de cette gabegie viennent d’être rendues publiques, l’opinion attend que la justice restitue l’État congolais dans ses droits en attendant qu’à la rentrée parlementaire de septembre, une question orale soit adressée aux ministres concernés afin de tirer toutes les conséquences de la prévarication dont il s’est rendu coupable.

Lire aussi  Barreau de Kolwezi : 160 avocats renouvellent leur serment, 55 dispensés du stage et 190 autres prêtent serment

Vu la situation, les associations de défense des droits de l’homme comme ACAJ ou la VSV devraient alerter l’opinion nationale sur cette spoliation qui frise la mauvaise gouvernance. Les mouvements citoyens Lucha et Filimbi ont de leur côté promis de palier à la carence en mobilisant de toutes leurs forces l’opinion publique contre un énième scandale mettant directement en cause ceux qui dirigent le pays.

Rachidi Mabandu

Lire aussi

Les plus populaires