Spoliation immeuble ex-Plastica : Pius Muabilu accuse les spoliateurs, André Lite avoue à moitié

Deux membres du Gouvernement sont accusés d’avoir spolié un bien de l’État au profit d’une tierce personne. L’immeuble de l’ex-Plastica à Gombe. Face à ces accusations scabreuses, les deux ministres sont sortis de leur réserve, chacun à sa manière et selon son tempérament, afin d’essayer tant bien que mal de se disculper.

Le ministre d’État, ministre de l’urbanisme et habitat, ne s’est pas montré très enclin à réagir sur le vif à une enquête méticuleuse dont les détails semblaient dévoiler la connaissance intime du dossier par les lanceurs d’alerte. Pius Mwabilu a préféré faire diversion. Évitant soigneusement le script et l’argumentaire de ses accusateurs.

Pius Muabilu a préféré publier 48 heures plus tard un communiqué dans lequel il accuse des spoliateurs des immeubles de l’État traqués par son action au gouvernement et qui auraient toutes les raisons d’être « derrière cette campagne de diabolisation ». « Ils ont peur, a-t-il poursuivi, de la mise en œuvre d’une imminente campagne de récupération des biens immobiliers de l’État qu’ils ont spoliés ».


Dans sa stratégie communicationnelle consistant à se dédouaner pour la forme en criant à son tour au voleur, Pius Muabilu a poussé la diversion très loin en amenant l’opinion sur le terrain des réformes qu’il aurait initiées afin de doter les propriétés immobilières de l’État des certificats d’enregistrement. Ce, dans le but de faire valoir ses droits dans des cours et tribunaux en cas de procès. Même sans convaincre, le ministre de l’urbanisme et habitat aura au moins échappé au silence coupable face à des évidences qui le clouaient au pilori.

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Tel n’a pas été le cas de son collègue des Droits humains, André Lite Asebea. Réagissant sur le coup de l’émotion, André Lite a d’abord bourlingué auprès de ses parrains politiques dans la ville le dimanche 26 juillet dernier, clamant bible à la main son innocence. Avant de se rendre tard dans la soirée sur les hauteurs du Conseil national de sécurité (CNS) où il s’est morfondu en excuses, André Lite, toujours sous le coup de la panique, a téléphoné à un de notre confrère pour publier illico presto un démenti qui a manifestement compromis le peu de présomption d’innocence dont il pouvait encore jouir.

« En tant que ministre des droits humains, j’ai le devoir de défendre et de promouvoir les droits politiques, civils et économiques de tous les Congolais sans exception. C’est dans ce cadre que je reçois à mon cabinet les doléances et les plaintes de tous ceux dont les droits sont bafoués ou violés, et je les oriente vers les ministères des collègues concernés pour examen », s’est-il défendu. Un peu comme pour justifier ses bons offices auprès de son collègue de l’urbanisme et habitat dans la spoliation incriminée comme si son ministère des droits humains avait comme entre autres attributions d’être la boîte à lettre transversale de tous les autres ministères.

André Lite ne nie pas pour autant la relation des faits tels que rapportés. Au contraire, il en donne des précisions croustillantes : « …mon cabinet a été saisi par l’avocat de la famille Mobutu d’ailleurs pour 4 dossiers de leurs biens ravis. Il s’agit de cet immeuble de Pumbu à la Gombe, une concession à N’Djili Brasserie, la concession abritant le foyer maman Mobutu sur 13ème rue Limete et un autre bâtiment qui abriterait les affaires foncières toujours à Limete ».

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On peut en déduire qu’il énumère de mémoire, sans avoir besoin de se référer à un sous-bassement, les immeubles de l’État qui font partie des biens à spolier par ses soins et grâce à la complicité de Pius Mwabilu », objecte-t-il. Il va de soi par ailleurs que si l’immeuble ex Plastica de la rue Pumbu a déjà effectivement changé de propriétaire, il n’y a aucune raison que les trois autres immeubles, faisant partie du même package ne passent pas eux-aussi à la moulinette.

Il y a quelques semaines, TV5 Monde s’était fendu d’un reportage sur la vente de l’ancien palais présidentiel de Goma qui sert de gouvernorat à la province du Nord-Kivu. Et, un proche de Vital Kamerhe, le nommé Vaney Bishwekwa serait le nouvel acquéreur de cet immense domaine présidentiel au bord du lac Kivu contre la maudique somme de 500.000 dollars américains seulement.

L’opinion publique du Nord-Kivu est actuellement vent debout contre cette humiliation subie par la province et a reçu un soutien de taille lors du procès ouvert à cet effet sur place à Goma. N’en déplaise à André Lite et à leur réseau de spoliation des immeubles de l’État encore en activité, cet immeuble n’a jamais appartenu à la famille Mobutu comme le sont certainement la plupart d’immeubles désaffectés avec beaucoup de légèreté par des simples lettres du ministre de l’urbanisme et habitat, sans aucun procès public ayant pu permettre à l’État congolais d’apporter ses moyens de défense.

Rachidi Mabandu

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