16 ans après le massacre de Gatumba du 13 août 2004 les survivants attendent toujours que justice soit faite (Tribune)

Aujourd’hui, le 13 août 2020, cela fait 16 ans que 167 réfugiés congolais essentiellement Banyamulenge ont été sauvagement massacréset 106 personnes grièvement blessées dans la nuit du 13-14 août 2004 par les rebelles des forces nationales de délibération (FNL) un mouvement politico-militaire Burundais travaillant en connivence avec le groupe Maï-Maï Nakabaka (actuellement général des Forces Arméesrmées de la R D Congo, FARDC). 

Les victimes essentiellement Banyamulenge abrités dans le camp de Gatumba furent attaqués la nuit alors qu’ils se trouvaient dans des abris dressés par les services d’accueil des réfugiés congolais fuyants les combats de l’autre côté de la frontière congolaise (au Sud Kivu). 

Il importe de rappeler que les victimes du massacre de Gatumba étaient des réfugiés sous protection du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR). Ces réfugiés avaient traversé la frontière du Burundi quelques semaines avant fuyant la guerre au Sud-Kivu voisin. 


Les assaillants FNL et leurs alliés ont utilisé toutes les armes à leur disposition (armes à feu, épée) pour tuer des paisibles réfugiés civils endormis dans des tentes en plastique. Ils ont aussi brûlé les tentes et calciné les corps en toute quiétude à quelques km seulement des positions de l’armée burundaise afin que personne n’en sorte vivant. Après le massacre, les restes des corps sans vie étaient méconnaissables lors de l’enterrement.

Bien qu’un dossier de poursuite en justice des auteurs/commanditaires du massacre de Gatumba ait été soumis à la justice burundaise en 2013 ; il n’a pas évolué depuis 2014. La justice burundaise a gelé le dossier et le gouvernement a politisé l’affaire en couvrant les présumés responsables dudit massacre dont le numéro un du parti Agathon.

Après le massacre, le porte-parole du FNL le Pasteur Habimana a déclaré et admis aux médias internationaux que ce mouvement a bel et bien tué les Réfugiés Congolais Banyamulengede Gatumba. Au lieu de se tenir du côté des victimes du massacre de Gatumba pour leur faire justice ; le gouvernement burundais a en juillet 2015 récompensé Agathon Rwasa en l’élisant Vice-président du Parlement Burundais. 

Depuis 2004 ; des criminels en puissance comme Agathon Rwasa, le Pasteur Habimana, le général Nakabaka et autres ayant encore du sang sur les mains et qui devraient être en prison continuent à défrayer la chronique des medias par les récompenses des postes politiques et militaires juteux au Burundi et en RD Congo. En effet, le 20 mai 2020 à la grande surprise du monde entier, Agathon Rwasa a brigué la magistrature suprême du Burundi en se représentant aux élections présidentielles afin de présider à la destinée de ce pays.

Nous faisons appel aux gouvernement burundais, Congolais et à la communauté Internationale afin d’arrêter et de traduire en justice les auteurs et commanditaires du massacre de Gatumba dont certains (FNL) ont admis publiquement avoir tué des refugiés congolais du camp de Gatumba composés essentiellement des populations vulnérables (femmes et enfants). Nous dénonçons la passivité de la communauté internationale qui s’est abstenue de prendre des mesures coercitives vis-à-vis de l’État burundais et congolais afin que justice soit faite pour les victimes du massacre de Gatumba. 

Faute de justice, les groupes armées burundais (Red-Tabara, FNL et FOREBU) poursuivent leur mission d’épuration éthnique des Banyamulenge au Sud-Kivu.

Comme si le Massacre de Gatumba ne suffisait pas, une faction dissidente du FNL portant le même nom dirigée par le général dissident Aloys Nzabampema en connivence avec les autres groupes rebelles burundais Red -Tabara et FOREBU opèrent au Sud-Kivu (RD Congo). Ils continuent leur mission macabre d’épuration éthnique des populations Banyamulenge. Ces rebelles Burundais opèrent avec des Maï-Maï cette fois-ci dans les hauts plateaux d’Uvira, Fizi et Mwenga où ils sèment la mort et la terreur surtout aux populations civiles Banyamulenge.

Depuis la résurgence d’attaques en 2019, les populations Banyamulenge de cette contrée du pays sont assiégées. Ils ont déjà enregistré plus de trois cents personnes tuées, des centaines de villages incendiés, et plus de 150.000 vaches razziées. Ces malfrats étrangers commettent aussi des violences sexuelles contre les filles et les femmes.

Mahoro Peace Association (MPA) demande ;
À la justice Burundaise de se saisir du dossier du massacre de Gatumba et de traduire ses auteurs et commanditaires en justice en commençant par le leader du FNL Agathon Rwasa, le Pasteur Habimana et leurs complices ;
À la communauté internationale qu’elle prenne ses responsabilités afin de faire justice aux victimes du crime haineux de Gatumba pour palier au fait qu’elle a manqué à son devoir de protéger les réfugiés congolais de Gatumba en 2004. 

À la communauté internationale et au gouvernement congolais de sécuriser les populations Banyamulenge des hauts plateaux d’Uvira, Fizi et Mwenga victimes d’épuration éthnique perpétuelle.

Jacques Murinda Vice-président de Mahoro Peace Association ( MPA) & Coordinator MPA Advocacy team

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