L’ambassadeur du Rwanda en RDC est au centre d’une vive polémique après un tweet relativisant le massacre de Kasika, village du Sud-Kivu en 1998. Plusieurs mouvements, personnalités de la société civile et de l’opposition congolaise réclament sa démission depuis des semaines. Ils ont même organisé ne manifestation pourtant réprimée par la Police, vendredi dernier devant la cour de cassation à Kinshasa pour exiger son expulsion immédiate.
Si Martin Fayulu et autres ont dénoncé les propos tenus par Vincent Karega, le prix Nobel de la paix, le Docteur Mukwege lui, réclame la création d’une structure judiciaire internationale pour juger les crimes commis dans l’Est de la RDC. Même sans revenir sur le contenu de son tweet qu’il avait pour la suite supprimé, Vincent Karega rejette cette fois-ci, la proposition de Denis Mukwege.
« La structure n’existe pas, on ne la connaît pas. On ne sait pas de quoi elle traite. Alors, pourquoi nous expliquer par rapport à l’inexistant. S’il y a une plateforme dans laquelle nous devons coopérer avec la RDC, c’est le bilatérale ou le régionale et les Nations-Unies. Ce n’est pas dans les réseaux sociaux, les opinions d’un prix Nobel ou de la société civile avec lesquels nous traitons », a déclaré Vincent Karega sur RFI.
Répondant à la question de Florence Maurice sur le rôle de son pays dans les crimes commis dans l’Est de la RDC, le Diplomate Rwandais rétorque avec un ton interrogatoire, « elle se pose où, à quel niveau le Rwanda a t-il participé, quelle est la structure qui pose la question, de quelle question s’agit t-il exactement ».
L’ambassadeur Rwandais a t-il déclaré une fois de plus la guerre aux congolais ? La question reste posée, mais ce qui est sûr, ses propos ne sont pas loin de son précédent tweet dans lequel il a de manière implicite, ignoré le rôle de son pays dans le massacre dans l’Est du Congo.
S’agissant du rapport MAPPING report de l’ONU de 2010, qui confirme l’existence des crimes commis contre les congolais dans la partie Est de la RDC, Vincent Karega affirme lui aussi que son pays a déjà donné sa position, laquelle reste inchangée.
« Le Rwanda a déjà répondu au MAPPING report il y a 10 ans. Et si les Nations-Unies nous revenaient avec milles et autres questions, le Rwanda répondra si elles valent la peine ou peut décider de ne pas répondre, selon nos intérêts ou nos problèmes à nous », répond t-il à la correspondante de RFI en RDC.
Josué Mfutila





