Plusieurs véhicules et motos ainsi que leurs occupants qui faisaient la navette entre Bunia, chef-lieu de l’Ituri, et la commune rurale de Mongwalu dans le territoire de Djugu, sont pris en otage depuis l’avant-midi de ce samedi 27 février au village de Bambu, dans le même territoire de Djugu.
D’après plusieurs sources concordantes, les véhicules et les motos ainsi que leurs occupants ont été emmenés dans une base de ces miliciens. D’après un acteur politique qui séjourne dans la région, ces rebelles exigent la libération de leurs camarades arrêtés par l’armée au cours des affrontements dans la zone de Mongwalu. Christian Shauri révèle que ces personnes et leurs engins sont retenus au camp Yalala par ces miliciens.
Un autre acteur politique lie cet événement à la non mise en oeuvre du processus de paix engagé, sous l’égide d’anciens seigneurs de guerre envoyés par Kinshasa, avec les groupes armés depuis Juillet 2020.
Pour Luc Malembe, il est temps que les autorités gouvernementales décaissent les moyens financiers « nécessaires à la poursuite du processus de négociation » initié et de « doter des moyens nécessaires aux militaires FARDC engagés tous les jours dans des combats (…) s’assurer que leurs soldes et autres avantages (…) sont régulièrement payés ».
Pour l’heure, aucune réaction des autorités militaires. Intervenant sur un média local, le bourgoumestre de la commune rurale de Mongwalu a confirmé cette information sans être en mesure de donner le nombre exact des personnes et des engins pris en otage par les miliciens.
Il y a presqu’une semaine, l’armée avait délogé plusieurs miliciens des carrés miniers dans la commune de Mongwalu après de violents combats. Plusieurs miliciens avaient été tués et d’autres mis aux arrêts. Démarré depuis juillet 2020, le processus de paix engagé entre Kinshasa et les groupes armés actifs en Ituri est au point mort. La délégation d’anciens seigneurs de guerre envoyés pour négocier ce processus s’était envolée pour Kinshasa depuis le 22 janvier dernier pour « fait le rapport de sa mission ». Depuis, on assiste à un regain de violences dans le territoire de Djugu. Un député national avait saisi le Président de la République pour lui faire part de sa crainte de voir les massacres reprendre faute d’une prise en charge des miliciens ayant signé l’acte d’engagement pour la paix.
Andy Kambale Matuku





