Des faits préoccupants sont signalés dans la commune de Kinsenso, à Kinshasa, où des jeunes se réclamant de la Force du Progrès, structure affiliée à l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS/Tshisekedi), auraient installé depuis plusieurs jours une barrière payante au croisement des avenues Batandu et Bulambemba.
Selon un constat effectué sur place dans la nuit du lundi 1er juin, cette barrière est érigée aux environs de 22 heures. Les passants sont contraints de s’acquitter d’une somme de 500 francs congolais pour les piétons et de 1 000 francs congolais pour les conducteurs de motos-taxis, communément appelés « Wewa », afin de traverser sans être inquiétés.
D’après plusieurs témoignages recueillis sur place, ces jeunes se seraient attribué des prérogatives relevant des services de sécurité et de la justice. Ils procéderaient à l’interpellation de certains passants, les soumettraient à des interrogatoires improvisés et leur imposeraient parfois des amendes avant de les laisser repartir.
Des abris de fortune, recouverts de drapeaux du parti au pouvoir, auraient également été installés à proximité, suscitant l’inquiétude de nombreux habitants. Jusqu’à présent, aucune communication officielle n’a été faite par les autorités communales concernant ces pratiques.
Les habitants et usagers de ce secteur appellent les autorités compétentes à intervenir rapidement afin de mettre fin à cette situation qu’ils jugent préoccupante.
« Nous sommes déçus. Ces jeunes se prennent pour qui ? Ils arrêtent les gens et les jugent même dans les abris qu’ils ont construits ici. Chaque nuit, une barrière est installée et, pour passer, il faut payer 500 ou 1 000 francs si l’on est à moto. Si vous refusez de payer, vous risquez d’être menacé. Ils affirment être là pour protéger les avenues. Nous sommes fatigués de cette situation. Le bourgmestre ne dit rien. Nous ignorons s’il est informé, mais nous demandons aux autorités compétentes de prendre les mesures nécessaires pour mettre un terme à cette affaire », a déclaré un habitant sous le couvert de l’anonymat.
Pour rappel, la commune de Kinsenso fait face depuis plusieurs années à des problèmes récurrents d’insécurité, notamment liés aux activités de groupes de jeunes délinquants communément appelés « Kuluna ». Plusieurs habitants estiment que des mesures urgentes doivent être prises afin d’éviter une détérioration davantage de la situation sécuritaire dans cette partie de la capitale.
Frank Kalonji





