Maladies du coeur : un Cardiologue appelle l’État congolais à disposer des moyens pour faciliter l’accès au stimulateur cardiaque

 

Au cours d’un échange à bâton rompu avec les journalistes mardi 23 mars à Kinshasa, le Cardiologue Yves Lubenga a révélé qu’il est possible de soigner les maladies cardiaques localement. Bien que cela se pose avec acuité dans le monde en général et en RDC en particulier, Yves Lubenga qui a fait un long exposé sur les maladies du cœur et leur pathologie a fait savoir à la presse que l’accès à leur traitement est coûteux. Mais, il suffit selon lui, que l’État congolais mobilise des moyens pour faciliter à la population d’y accéder.

« Ces maladies sont nombreuses et sont à la base de plusieurs cas de décès sur la planète. Elles nécessitent, dans la plupart des cas, une prise en charge très coûteuse. Parmi ces maladies, il y en a, plus graves, qui nécessitent même l’implantation d’un dispositif important pouvant permettre au cœur de continuer à battre normalement. Ce dispositif est notamment le pacemaker, qui est un stimulateur cardiaque considéré comme un mode de traitement pour un coeur qui a tendance à être très lent ou qui a tendance à s’arrêter », a-t-il dit.

La batterie, a-t-il poursuivi, « coûte autour de 2500 euros. Selon qu’il s’agit d’une sonde et de deux sondes. Alors, lorsqu’on va avec la fonction défibrillatrice, on est à plus de 10.000 euros. Lorsqu’on ajoute la fonction triple chambre, ça peut atteindre 20.000 Euros”.


À la question de savoir si le congolais lambda peut avec ces chiffres accéder à ce traitement, Yves Lubenga explique que « c’est la raison que vous presse vous êtes conviés à cet échange. Il est de personnes que nous avons soignées, puisqu’il y a eu des bienfaiteurs qui ont mis l’argent dans leur poche et ont payé à titre de bonnes actions. Mais cela n’est pas fameux. Il faut que l’État congolais mette des moyens pour faciliter l’accès à la population aux soins des maladies cardiaques, car elles ne sont pas préventives ».

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Dans ses explications au sujet des fonctions et de différentes sortes de pacemaker, Yves Lubenga a fait savoir que ce dispositif important est au fait une batterie dont le prix varie en fonction du logiciel qu’il comporte.

« Il y a des pacemakers qui ont pour fonction de permettre au cœur de battre à une fréquence cardiaque définie. Il y a en a qui ont une fonction de permettre au cœur de battre, puis d’entraîner une défibrillation. C’est à dire, quand le cœur s’arrête, le pacemaker le relance. Le troisième modèle, ce sont ceux-là qui ont trois fonctions. Ils permettent au cœur de battre, ils permettent au cœur de se redémarrer lorsqu’il s’arrête, et ils permettent aussi au cœur de fonctionner de manière synchrone », a-t-il expliqué.

Il a ajouté que, « le coeur est composé de deux parties. Partie gauche et partie droite. Pour avoir le résultat optimal, il faut que les deux parties fonctionnent de manière synchrone. La droite et la gauche doivent se contracter au même moment. Il y a des pathologies cardiaques où la droite se contracte plutôt que la gauche. Et cet asynchronisme est à l’origine des maladies qui s’appellent insuffisance cardiaque. Et donc, il y a des pacemakers qui permettent de le résoudre et le prix tient compte de ces fonctions ».

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Ce spécialiste des maladies du cœur a insisté que les maladies cardiaques ne sont pas préventives, « elles vous tombent dessus, surtout pour des personnes âgées et nécessitent une intervention comme traitement rassurant ».

« Ça varie chez des personnes âgées mais il m’est arrivé ici, il y a moins d’un mois, d’implanter un stimulateur cardiaque à une dame de 47 ans. Elle m’a été transférée de Lubumbashi. Je l’ai fait aussi sur Kinshasa, à une dame de 42 ans. C’est-à-dire c’est de genre des maladies qui peuvent atteindre tout le monde mais dont l’incidence est plus prononcée chez des personnes qui sont plus âgées”, a-t-il fait savoir.

À lui de renchérir, « il y a un message particulier que je vais adresser à l’Autorité. Cette autorité devrait savoir que l’implantation du stimulateur cardiaque concerne dans la plupart des cas une catégorie de la population âgée, donc souvent à la retraite, par conséquent, relativement démunie, et c’est serait plus facile pour nous de les soigner à large échelle, si les dispositifs que nous utilisons sont pris en charge par l’État ».

Yves Lubenga s’est illustré à travers un cas qu’il a pris en charge au pays, alors que le malade était destiné en Inde mais empêché de voyager suite à la pandémie de COVID-19.

« Je l’ai traité en RDC à un moins coût par rapport à la facture qu’il devrait payer en Inde », a-t-il conclu.

L’appel est ainsi lancé à l’État congolais de mobiliser les moyens nécessaires en vue de permettre à toutes les bourses de bénéficier de ce dispositif important.

Josué Mfutila

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