Ituri : Voici les défis qui attendent le nouveau Gouverneur militaire

 

C’est le jeudi 6 mai 2021 que la mesure portant état de siège est entrée en vigueur sur l’étendue de la province de l’Ituri. Nommé à la tête de cette entité provinciale pour une durée d’au moins trente (30) jours, le Lieutenant-général Johny Nkashama Luboya aura pour mission essentielle la pacification de cette province en proie aux groupes armés.


Le Gouverneur militaire de l’Ituri devra mettre fin à l’activisme de la fameuse « Coopérative pour le Développement au Congo » (CODECO). Basé essentiellement dans le territoire de Djugu, ce groupe armé est responsable de plusieurs exactions contre les civils et les forces armées. Active depuis décembre 2017, la CODECO se compose de plusieurs factions dont les plus influentes sont « l’Union des révolutionnaires pour la défense du peuple congolais » (URDPC) et  » l’Armée de libération du Congo » (ALC). Malgré l’acte d’engagement pour la paix signé par ces factions avec le Gouvernement congolais, ces groupes armés poursuivent leurs exactions contre les civils. Plusieurs milliers de personnes ont été tuées, des habitations brûlées, des infrastructures scolaires totalement détruites, d’après plusieurs rapports fournis. Plusieurs autres personnes ont retrouvé refuge dans de grandes agglomérations. Leurs conditions de vie restent précaires.

Sur le plan socio-économique, les autorités militaires devront démanteler toutes les barrières illégales de ce groupe armé sur la route Bunia-Mahagi et faciliter la reprise du trafic sur cet axe d’une grande valeur économique. Le banditisme urbain ayant élu domicile dans et autour de la commune rurale de Mongwalu, devra également constituer un autre défi à relever par les nouvelles autorités.


Dans le territoire d’Irumu, au sud, les nouvelles autorités devront anéantir les rebelles de la « Force Patriotique et Intégrationistes du Congo » (FPIC) et leurs rivaux du mouvement « Zaïre ». La FPIC est un groupe armé actif dans les chefferies d’Andisoma et Mobala. Cette milice s’est rendue coupable de plusieurs exactions contre les civils. Elle a récemment occupé le Centre Médical Évangélique de Nyakunde, près de Marabo, à environs soixante (60) kilomètres au sud de Bunia avant d’y être chassée par l’armée. Conjointement avec leurs homologues du Nord-Kivu, les nouvelles autorités militaires devront également mettre fin aux attaques incessantes des rebelles ougandais des « Forces Démocratiques Alliées » (ADF) qui violent, volent, pillent et tuent dans la chefferie de Walese Vonkutu, à la limite avec le Nord-Kivu voisin. Engagé dans le processus de désarmement et réinsertion, le groupe armé « Force de résistance patriotique de l’Ituri » (FRPI) pourrait être épargné. Mais depuis quelques mois, elle se serait « alliée à la FPIC ».

Dans la chefferie de Babila Babombi, au sud du territoire de Mambasa, l’armée devra combattre les groupes armés maï-maï locaux. Elle devra également contrer toutes les « velléités expansionnistes » des ADF qui opèrent dans les villages entre le territoire de Mambasa et celui de Beni. Des dispositions particulièrement dissuasives devront être mises en place dans le territoire de Mahagi, peu épargné par l’insécurité tandis que dans le territoire d’Aru, l’armée devra mettre fin aux incessantes incursions de l’armée et rebelles sud-soudanais, ainsi que la tentative de création d’un nouveau groupe armé dans ce territoire.

Andy Kambale Matuku

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