Assemblée nationale : le camp Tshisekedi s’apprête à faire passer une loi relative à la nationalité congolaise

 

Le camp Tshisekedi accélère des manoeuvres en perspective des élections de 2023. Actuellement, les députés proches du chef de l’État, en étroite complicité avec le président de l’Assemblée nationale, s’apprêtent à initier une proposition visant à « écarter certains candidats de la course à la prochaine présidentielle », indiquent des sources généralement bien informées à l’Hémicycle.

Intitulée « Proposition de loi modifiant et complétant la loi numéro 14/124 du 12 novembre 2004 relative à la nationalité congolaise », cette proposition de loi qui doit être débattue dans les jours qui suivent à l’Assemblée nationale, renforce les conditions pour les candidats à la Présidentielle. Pour les initiateurs de la proposition de loi en question, ne serait candidat que le Congolais issu d’un mère et d’un père Congolais.

En clair, les initiateurs de cette proposition de loi relancent les débats sur la congolité. Une manière pour eux d’écarter des potentiels candidats à la course pour la magistrature suprême. Laissant ainsi le champ libre à Félix Tshisekedi qui devrait normalement se représenter pour un second mandat. Cette proposition de loi n’est que la suite de la question soulevée par Noël Tshiani, le candidat malheureux à l’élection présidentielle du 30 décembre 2018.

Économiste de formation, Noël Tshiani, appuyé par la famille politique du chef de l’État, avait suscité plusieurs réactions dans le chef des états-majors politiques. Ce qui ne lui a pas découragé pour autant. L’homme est passé à la vitesse supérieure lorsqu’il a sollicité des audiences auprès de deux présidents du Parlement. Pour lui, bien qu’il n’est pas élu, il a le devoir et le droit de proposer au Parlement une loi qui permettrait que le Président de la RDC ne puisse pas trahir la nation.

Mais pour les avertis, cette fameuse proposition de loi ne vise que Moïse Katumbi. « Félix Tshisekedi redoute que ce dernier puisse lui faire ombrage lors des prochaines joutes électorales », notent des analystes. Et surtout qu’entre Tshisekedi et Katumbi c’est désormais du « je t’aime moi non plus ». D’où l’absence très remarquée de l’ex-gouverneur de l’ex-Katanga lors du récent séjour du chef de l’État dans l’espace Katangais.

Le fait d’appartenir tous deux dans l’Union sacrée, Tshisekedi et Katumbi sont, en réalité, dans la guerre de positionnement. Chacun tire le drap de son côté. Katumbi, bien que représenté au Gouvernement Sama Lukonde, n’est pas prêt à partager une possible déconfiture de l’Exécutif. Ce que ne cautionne pas le parti présidentiel. Le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a vite recadré les choses : « Tshisekedi aura à partager l’échec ou la victoire de ces trois ans de gestion avec Katumbi, Kamerhe, Bemba et Bahati ». Fin récitation.

Rachidi Mabandu

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