RDC : Yves Bunkulu accusé de bloquer l’élection du nouveau comité du Conseil National de la Jeunesse

 

Plusieurs structures des jeunes accentuent la pression sur Yves Bunkulu Zola, Ministre national de la Jeunesse, Initiation à la Nouvelle Citoyenneté et Cohésion Nationale qu’ils accusent de bloquer l’organisation des élections des membres du nouveau comité du Conseil National de la Jeunesse (CNJ) qui est un organe technique sous sa tutelle.

Au cours d’un atelier de réflexion autour de l’assemblée générale élective du Conseil National de Jeunesse tenue samedi 19 juin 2021 à Kinshasa au Centre Liloba dans la commune de Limeté, à l’initiative de l’Espace Inter Plateformes des Jeunes (EIPJ), ces organisations des jeunes dénoncent « des manœuvres dilatoires dont ferait preuve le Ministre Yves Bunkulu pour imposer son choix à la tête du Conseil National de la Jeunesse, alors que les résolutions des travaux consacrés principalement à l’organisation de cette assemblée générale élective tenus au centre Nganda il y quelques semaines sont sur sa table et souffrent d’application ».

« Nous avons reçu des informations sûres que le Ministre veut peser de tout son poids pour nous imposer son choix. Jusqu’aujourd’hui, si les élections au niveau du CNJ (Conseil National de la Jeunesse) traînent encore c’est à cause du Ministre qui doit décider quand est-ce cela doit avoir lieu. Les jeunes ne peuvent pas tolérer qu’on nous impose quelq’un qui n’est même pas connu du sphère de la jeunesse. Nous n’en voulons pas et cela ne passera pas non plus », dénonce Rachel Kapinga, Président de l’association « Agir Bio ».


Ces jeunes leaders revendiquent « tout simplement » la mise en œuvre des résolutions des travaux du Centre Nganda dont le processus doit aboutir au remplacement, par voies des élections, de l’actuel comité du Conseil National de la Jeunesse, fin mandat depuis 2 ans.

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« Il y a eu des travaux qui se déroulés au centre Nganda pendant trois jours pour lequels les jeunes ont réfléchi sur les outils de gouvernance du Conseil National de la Jeunesse, entre autres l’arrêté ministériel, le Règlement et le manuel de procédures. Après plus d’un mois, rien n’a été fait sur terrain, alors que toutes les résolutions ont été soumises au ministère de la Jeunesse de qui nous attendons l’application », ajoute un participant.

Dans leur entendement, l’application n’est rien d’autre que la tenue d’une assemblée générale élective où le bureau Saïdi Masudi ne se fera remplacé que par un autre élu.

« (…) C’est le Ministre qui est entrain de retarder les choses pendant que l’équipe qui est en place a largement glissé. Devons-nous continuer avec des institutions illégitimes ? La réponse est non. C’est ainsi que nous nous sommes réunis pour réfléchir comment contraindre le Ministre et le bureau illégitime du CNJ d’organiser l’assemblée générale élective qui n’est pas un cadeau », s’insurge Justin Bahati, Coordonnateur du Réseau d’influence citoyen.

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De son côté, le Ministre de la Jeunesse qui est pointé du doigt accusateur envisage comment modifier l’arrêté ministériel portant organisation et fonctionnement du Conseil National de la Jeunesse avant toute élection. Dans sa démarche, Yves Bunkulu Zola entend intégrer d’autres jeunes actifs dans les partis politiques et décolorer cet organe (CNJ) de son caractère essentiellement jeunesse de la société civile.

« (…) Nous n’allons pas nous laisser faire. Nos stratégies arrêtées au cours de cet atelier de réfléxion seront coulées sous forme de plaidoyer et partagées à qui de droit. Si le Ministre veut éterniser cette équipe hors mandat pour continuer à gérer de faux projets afin de salir l’image de la jeunesse, nous allons passer à la vitesse supérieure en prenant la rue pour contraindre le Ministre à organiser les élections », prévient Justin Bahati.

Selon les textes qui régissent le fonctionnement du Conseil National de la Jeunesse, il appartient au bureau sortant de convoquer l’assemblée générale élective. Au cas où le bureau sortant est incapable de le faire, l’assemblée générale élective relève cette fois là de la compétence du ministre de tutelle « qui curieusement crée de blocage pour maintenir ce bureau illégitime et chercher à nous imposer son choix », alertent les participants aux travaux du centre Liloba à Kinshasa.

Josué Mfutila

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