13 millions USD destinés au grand projet Tshilejelu seraient détournés, dénonce l’Inspection générale des finances (IGF) qui, par mesure de précaution, suspend tout paiement additionnel lié à ces travaux. Si, pour le détournement des fonds publics destinés aux travaux des 100 jours du Président de la République, Vital Kamerhe et consort ont été accusés à tort ou à raison c’est selon, quand est-il du présent dossier ? A qui Félix Tshiskedi s’est-il confié ? Mieux, qui va répondre devant la justice ?
Ce qui est vrai, le mercredi 17 mars 2021 lors du lancement du projet Tshilejelu, le chef de l’État était « seul » sans les membres du Gouvernement devant poursuivre l’état d’avancement des travaux. L’équipe Sama Lukonde n’ayant pas encore pris corps. Félix Tshisekedi, paré au plus pressé, se référait, une fois de plus à ces collaborateurs directs à savoir les membres de son cabinet.
Le go des travaux de réhabilitation et de modernisation des infrastructures routières à travers ce projet-pilote est intervenu dans la période comprise entre la démission de l’équipe Ilunkamba et l’avènement de Sama Lukonde à la Primature. Voilà pourquoi certains observateurs avaient le voeu de voir le chef de l’État attendre l’entrée en fonction de l’Exécutif national qui aura pour mission d’assurer le contrôle du projet. Ce qui n’a pas été fait.
Des observateurs avertis estiment que Félix Tshiskedi n’a pas, pour ce coup, tiré les conséquences du fiasco des travaux de ses 100 jours au pouvoir. Entre la sortie du Gouvernement Tshibala et l’entrée du Gouvernement Ilunkamba, il y a eu pas mal de meli melo à telle enseigne que les membres de son cabinet ont joué le rôle des ministres réduisant ces derniers à leur plus simple expression. Le procès 100 jours en dit long.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le projet Tshijelelu, qui devrait traduire la vision du Président orientée vers le développement des infrastructures et l’amélioration de la qualité de vie de ses concitoyens, permet aux tierces personnes malheureusement de s’enrichir grâce au Trésor public. Hier comme aujourd’hui, la gestion de la res publica est détenue par une poignée des proches du nouveau Raïs qui, au lieu d’oeuvrer en sorte de faciliter la tâche au PRO5, se comportent comme sous l’ancien régime kabiliste.
Les dénonciations de l’IGF ne sont pas de nature à donner de crédit à l’État congolais aux yeux des partenaires. Bien au contraire. Surtout du moment où l’on sait que le coût total du contrat de Tshilejelu est entièrement financé par la RDC tel que conclu le 23 septembre 2020 est estimé à 138 millions USD. Le montage financier, à en croire le DG de l’OVD (office de voirie et drainage), a été effectué avec le concours de la Banque UBA (qui n’est pas congolaise) qui a facilité l‘obtention d’une ligne de crédit dans le cadre du Partenariat Public privé (PPP).
Comme pour les travaux des 100 jours, Tshilejelu, avec ce prétendu détournement de 13 millions USD annoncé, ne respectera pas non plus son délai. La durée des travaux initialement prévue est de 28 mois pour Kinshasa et de 36 mois pour l’Espace Grand Kasaï. 39.72 Kms de voirie de la ville-province de Kinshasa sont concernés par le projet qui, dans sa phase initiale, englobe également l’Espace Grand Kasaï (101,77 Km) avec, à la clé, quelques villes et territoires clés, en l’occurrence, Mbuji Mayi (25,32 Km), Kabinda (10,5 Km), Lusambo (10 Km), Kananga (35 Km), Mweneditu (5,5 km) et Tshikapa (15,39 Km).
Rachidi Mabandu





