Dossier Kamuina Nsapu : Kabila, Ramazani, Mutondo … accusés à la CPI

 

Le chapitre de l’affaire Kamuina Nsapu est loin de connaître sa conclusion. Une structure vient de remettre, une fois de plus, à la surface ce dossier « sanglant ». Il s’agit de l’Association des Victimes du Grand Kasaï (AVKS) qui s’est d’ailleurs souvenu, le 16 septembre dernier, de la date du dépôt, à la Cour Pénale Internationale (CPI), de leur plainte au nom de vingt mille (20.000) victimes de ce phénomène « dans le soucis de lutter contre de graves violations des droits de l’homme commises dans la région du Kasaï et leur rendre justice ».

Dans un document transmis à ACTU7.CD, cette association confirme avoir déposé une plainte, jeudi dernier, contre un certain nombre de personnalités politiques, et ce, après qu’elle ait déposé une autre, « sans succès », en 2019 à l’Auditorat général des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) via l’Auditorat supérieur militaire du Kasaï-Central.

Parmi ces personnalités, l’on peut noter l’ancien président de la République Joseph Kabila Kabange, accusé également en sa qualité d’ex Commandant suprême de Forces Armées de la RDC et de la Police Nationale Congolaise (PNC) et chef hiérarchique, « pour n’avoir pas pris des mesures conséquentes relevant de sa fonction afin de faire arrêter à temps lesdits crimes, protéger les victimes et faire juger les auteurs et complices ».


D’autres personnalités traduites devant la justice internationale dans cette affaire, sont notamment Emmanuel Shadary et Evariste Boshab en leur qualité d’anciens Vice-premiers ministres qui ont eu, dans leurs attributions, l’Intérieur. Ils ont accusé « pour leur rôle joué dans la conduite des opérations de représailles ordonnées à la Police et aux services des renseignements sur terrain dans plusieurs hommes, femmes et enfants des villages, accusés à tort comme abritant des résistants et proches de l’opposition publique de l’époque ».

Kalev Mutondo est aussi concerné par cette plainte en tant qu’ex directeur de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR). Son péché, c’est d’avoir « joué un rôle prépondérant dans la conduite des opérations sécuritaires sur les terrains contre des hommes, femmes et enfants (…) ».

Celui qui a organisé les réunions qui ont tablé et ordonné la mort du chef coutumier Kamuina Nsapu, est aussi dans le lot. Il s’agit de Alex Kande Mupompa,ex Gouverneur du Kasaï-Central.

Dans le banc des accusés, l’on peut également apercevoir plusieurs chefs militaires.

« Étant donné que les personnalités ci-haut citées, responsables civils, militaires, policiers et de sécurité, ne pouvaient pas en ignorer l’ampleur effrayante des crimes et qu’ils y avaient d’une manière ou d’une autre contribué ou voulu, nous demandons au Procureur de la CPI que nous venons d’amorcer son enquête en vue de les faire condamner et ainsi reconnaître aux victimes le droit à une indemnisation juste et équitable », peut-on lire dans ce document signé par Mhyrhand Mulumba, président de l’association.

Le phénomène Kamnina Nsapu est un conflit qui oppose, depuis le 8 août 2016, les pouvoir de l’État (police, armée) aux partisans de la « famille royale Kamuina Nsapu », lignée de chefs coutumiers de Dibaya. Le conflit s’étend à l’ensemble du Grand Kasaï (anciennes provinces du Kasaï-Occidental et du Kasaï-Oriental). Le conflit, où sont notamment enrôlés plusieurs milliers d’enfants soldats, a déjà causé la mort de plusieurs centaines à plusieurs milliers de personnes, ainsi que l’exil de plus de deux millions (2.000.000) de Congolais.

Patrick Nguwo

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