Kinshasa : Critiqué pour « manque de vision et de politique de gestion », Ngobila cherche des béquilles chez les jeunes des mouvements citoyens

 

Le Gouverneur de la ville de Kinshasa a suffisamment reçu des flèches enflammées lancées à partir de toutes les couches sociales de la population décriant un « manque de vision et de politique de gestion » dont il ferait largement montre.


« La ville de Kinshasa n’est pas gouvernée ou encore il y a absence totale de l’autorité de l’État », c’est la phrase qui résonne encore dans les oreilles de l’opinion depuis qu’elle a été prononcée, le 11 août dernier, par Jean-Marc Kabund, 1er vice-président de l’Assemblée nationale, après une réunion avec le caucus de députés nationaux de Kinshasa.

« Dans une ville comme la nôtre, dès qu’on descend de l’aéroport de N’djili jusqu’au centre ville, on constate des immondices le long des avenues. Tous les caniveaux de la ville de Kinshasa sont bouchés. Vous imaginez les conséquences, il y a des immondices et marchés pirates partout », avait-il lâché avec un ton ferme.


Cette réaction s’est ajoutée sur une tonne de cris de détresse de la population kinoise qui n’a cessé de se plaindre sur ses problèmes quotidiens, entre autres le manque d’infrastructures routières en bon état et des routes secondaires, conséquence logique des embouteillages monstres, du phénomène « demi-terrain », de la hausse vertigineuse du prix de la course, pour ne citer que celles-là.

Ce n’est pas tout. Les kinois se plaignent aussi de l’insalubrité notoire dans laquelle se trouve leur environnement, source de plusieurs maladies. À côté de cela, l’on note aussi la desserte « catastrophique » en électricité et en eau potable dans plusieurs communes, la tracasserie routière, l’insécurité pendant les heures tardives, de la hausse de prix des denrées alimentaires,…

Se sentant menacé par ces déclarations qui lui paraissent comme un ouragan, Gentiny Ngobila a opté de se trouver des béquilles. Il s’agit de ceux qualifiés par l’hôtel de Ville de « jeunes influenceurs actifs sur les réseaux sociaux » que le numéro de la ville province de Kinshasa a reçus le week-end dernier dans ces bureaux.

Il s’agissait, pour Ngobila, d’étaler minutieusement ses réalisations durant ses deux (2) ans et quatre (4) semaines à la tête de la capitale de la République Démocratique du Congo (RDC). Ces jeunes ont, à cette occasion, confirmé leur soutien au patron de la capitale sur ses projets, dont celui lié à l’assainissement.

Cette réunion dont les tenants et les aboutissants ne sont pas clairement définis, traduit clairement le besoin ressenti par l’autorité urbaine de Kinshasa de se constituer une classe de la population qui pourra le soutenir, après qu’il soit « vomi » par une grande majorité des kinois qui associent d’ailleurs son nom au calvaire qu’ils vivent au quotidien.

D’ailleurs, Ngobila Mbaka, de lui-même, avait récusé récemment sa cellule de communication et ses autres collaborateurs sur le manque d’accompagnement de leur part à ses actions.

Ce qui est sûr, à l’heure actuelle, « bana Kin » sont plus éveillés. Tant que leur situation de chaque jour ne connaîtra pas de boom, ils prendront toutes ces communications faites autour du Gouverneur pour un chiffon à jeter immédiatement dans la poubelle. Ngobila doit retenir qu’il a véritablement du pain sur la planche. Et, au lieu de se mettre à faire de la publicité sur ses « réalisations » qui d’ailleurs n’intéressent plus les kinois, il devait rapidement se mettre au travail pour se racheter et regagner la confiance de la population.

Patrick Nguwo

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