Ass. Nat. : L’état de siège émaillé des dérapages, corruption, insuffisance des troupes, problèmes logistiques et financiers… (Commission Défense et sécurité)

 

L’Assemblée nationale dresse un tableau peu reluisant de l’état de siège décrété par le Chef de l’Etat au mois de mai 2021. D’après un rapport réalisé par la Commission Défense et sécurité de la chambre basse du Parlement après des auditions des personnalités impliquées dans la gestion de cette mesure exceptionnelle, il s’avère que ces opérations dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu sont caractérisées par des dérapages, violations des droits de l’homme, corruption, insuffisante des troupes, problèmes logistiques et financiers…

Ce rapport d’une quarantaine de pages de la Commission Défense et sécurité de l’Assemblée nationale, précise la source, a été dévoilé fin septembre aux députés et serait parvenu à RFI (Radio France Internationale) le samedi 30 octobre.

En plus de problèmes financiers et logistiques, doublés d’insuffisances des troupes sur le terrain, le rapport fait état de « 156 cas d’extorsions, plusieurs cas de viols et arrestations arbitraires. Les magistrats militaires sont pointés du doigt pour le monnayage des procédures et pour des actes de concussion, notamment dans la province de l’Ituri ».


D’après ledit rapport, plusieurs cas de violations des droits de l’homme sont également épinglés, d’où la demande formulée par les députés nationaux de voir le Ministre de la Justice « libérer immédiatement les militants des droits de l’homme, en détention pour avoir réclamé la paix et la bonne gouvernance ».

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Toujours dans son rapport, la Commission Défense et sécurité de l’Assemblée nationale relève que « des militaires sont accusés de collaborer avec les groupes armés dans les territoires de Masisi, Rutshuru, Walikale, (Nord-Kivu) Djugu, lrumu et Mambasa (Ituri) ». « Une collaboration qui se poursuit », affirme la commission dans son rapport. Sur ce point, précise la source, la Ministre de la Justice aurait affirmé que des enquêtes sont en cours pour vérifier ces allégations.

En un mot comme en mille, la Commission Défense et sécurité constate dans son rapport que « depuis l’instauration de l’état de siège, les tueries, massacres, viols, braquages et incendies des véhicules se sont intensifiés ». Voilà la raison pour laquelle elle propose une mission d’enquête à Kinshasa « sur la traçabilité des fonds alloués aux Forces armées, à la Police et aux services de sécurité dans le cadre de l’état de siège ».

R.M

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