Goma : À la veille de Noël, certaines familles n’ont pas encore réuni le minimum pour fêter « suite à la situation socio-économique précaire »

 

À la veille de la fête de la nativité de Jésus-Christ « Noël », certaines familles de la ville de Goma au Nord-Kivu n’ont pas encore réuni le minimum pour fêter avec leurs enfants.

Si pour les uns, c’est pour des raisons de convenance personnelle liée notamment à leur position religieuse, pour d’autres, la majorité en tout cas, c’est suite à la situation socio-économique « très précaire » causée notamment par l’insécurité et l’éruption du volcan Nyiragongo en mai dernier, mais également de l’avènement de l’état de siège.

Selon le constat fait par le média non-aligné dans la ville de Goma, les différents centres commerciaux où la plupart des familles s’approvisionnent en vivres et non vivres à la veille des fêtes, ne sont pas très fréquentés, s’il faut comparer avec les années antérieures.


Certains responsables approchés par ACTU7.CD, expliquent que pour cette année, plusieurs facteurs ne permettent pas le déroulement normal des fêtes, « car leur situation financière a été affecté par les évènements qui ont frappé la ville de Goma durant l’année 2021. »

État de siège, éruption volcanique, Covid-19, c’est en tout cas des motifs brandis par les responsables des familles qui indiquent que « leurs enfants vont se contenter de porter les anciens habits et mettre sous la dent la nourriture qui sera disponible ».

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Albert Muhindo est père d’une famille de trois (3) enfants, mais tous ne vont pas fêter cette année. Pour éviter de les stresser « quand ils verront leurs amis biens habillés », il a résolu de les garder à la maison toute la journée du 25 décembre 2021, jour de Noël et les occuper autrement.

« Je ne peux pas faire l’impossible. Si j’avais les moyens comme les années passées, je ne peux pas hésiter de faire plaisir à mes enfants. Mais cette année, les choses n’étaient pas en tout cas facile. Covid-19, Volcan, état de siège, l’argent ne circule presque plus, on ne sait même plus là où toquer », a-t-il dit dans un entretien accordé à ACTU7.CD.

Dans des marchés situés dans le quartier Birere, le plus grand centre commercial de la ville de Goma, c’est à peine dans l’après-midi de ce vendredi 24 décembre que quelques familles se précipitent pour faire du stock, alors que les années antérieures, l’ambiance était visible dès le début de la deuxième quinzaine du mois de décembre.

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Furaha Judith, commerçante de viande et poissons, n’a pas écoulé la quantité qu’elle a prévue vendre pour les fêtes de fin d’année. Elle avoue également avoir été affectée « par cette précarité de la situation socio-économique dans la ville de Goma ».

« Je ne sais pas ce qui se passe, mais les années antérieures, il arrivait le 24 décembre, je n’avais plus de Stock, car tout était déjà achetée. Mais cette année, j’arrive difficilement à épuiser ne serait-ce qu’une vache et 10 cartons de poissons salés, je suis désolée, c’est une perte énorme pour nous autres », déplore-t-elle.

Dans les familles qui sont financièrement stables, la fête de Noël aura bel et bien lieu et sera une occasion de partage après une année caractérisée par beaucoup d’événements malheureux. Les enfants des familles bourgeoises font des tours dans la ville dans des véhicules privés, « cherchant des habits de leur choix. »

Le média non-aligné a constaté aussi que les transports en commun ont revu les prix de course à la hausse, justifiant cela « par le fait qu’ils veulent trouver quoi partager avec leurs enfants pendant les fêtes ».

David Lupemba

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