04 janvier 1959, date charnière qui marquait un tournant décisif pour l’indépendance de la RDC

 

Ce mardi 04 janvier 2022, la nation congolaise tout entière honore les victimes des émeutes du 04 janvier 1959. Cette date charnière qui avait marqué un tournant décisif pour la souveraineté du pays plus d’un an après, a laissé des empreintes ineffaçable dans la mémoire collective des citoyens congolais.

Le 04 janvier 1959 à Léopoldville, il fait une chaleur étouffante. La saison des pluies est encore loin d’être terminée, l’air est visqueux, oppressant. Dans la résidence du gouverneur général, des préparatifs sont en cours pour la réception annuelle du Nouvel An dans le jardin, dépeint l’écrivain belge David Van Reybrouck dans son best-seller Congo une histoire.

À Bandalungwa, un quartier moderne pour les évolués, Patrice Lumumba est invité à déjeuner dans la maison d’un nouvel ami. Pendant qu’il purgeait sa peine de prison, il a lu régulièrement dans le journal Actualités africaines des articles de Joseph Mobutu, le militaire devenu journaliste […]. Après sa libération, Lumumba s’est lié d’amitié avec lui. Régulièrement, il lui rend visite et savoure les plats délicieux que sa femme leur prépare. C’était un dimanche, pendant le repas, ils font des projets pour l’après-midi. Ils savent qu’à deux heures au centre de la cité, dans un local de YMCA, l’auberge de jeunesse chrétienne, un meeting de l’Abako est prévu. Une semaine plus tôt, Lumumba a parlé devant une foule de sept mille auditeurs de son voyage à Accra. Ce sera sa meilleure intervention. La foule a réagi par des acclamations enthousiastes.


« Dipenda, dipenda ! « , scandait l’assemblée à la fin de son discours, une déformation en lingala du mot français indépendance.

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Cependant, sur l’avenue Prince-Baudouin, près de l’YMCA, Kasa-Vubu dit à la foule mobilisée que le meeting ne peut malheureusement pas avoir lieu. Cela provoque des grommellements démonstratifs et des protestations, une bousculade et des tiraillements. En tant que pacifiste et admirateur de Gandhi, il enjoint à ses partisans de garder leur calme. Il semble y arriver, même s’il n’a pas de micro. C’est lui le leader, c’est lui le chef, c’est lui le bourgmestre. Soulagé et rassuré, il rentre chez lui, lit-on dans cet ouvrage.

Quelques heures après vont débuter les émeutes

Plusieurs milliers de partisans de l’Abako (Alliance des Bakongo)
restent bouder près de l’endroit où leur meeting aurait dû se
dérouler. Un chauffeur blanc du gyrobus a eu une altercation avec l’un d’eux et lève le bras. Le futurisme rencontre le racisme. Il se fait aussitôt rouer de coups. L’affaire tourne mal. On se bat, on s’agrippe. La Police intervient, des agents noirs, des commissaires blancs. Cela vient du Nouvel An, pense-t-on, ils sont encore ivres ou bien n’ont une fois encore plus un sou, l’un de deux. Deux commissaires assènent des coups de poing. Ce n’est pas une bonne idée. “Dipenda !” entend-on. “Attaquons les Blancs !” Un
mouvement de panique s’ensuit.

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« À la réception du Nouvel An du gouverneur général, on reçoit
un appel téléphonique. Ça tourne mal dans la cité. Sur une
zone de dix à douze kilomètres ont lieu de violents affrontements. La partie européenne de la ville est verrouillée. L’armée entre en action, d’abord avec des gaz lacrymogènes, puis avec l’artillerie lourde. Les manifestants tombent en masse », décrit l’auteur dans ce livre vendu à près d’un (1) million d’exemplaires.

Du moins d’après les chiffres officiels, 47 morts et 241 blessés ont été recensés du côté congolais. D’autres sources font même état de plus d’une centaine de morts ce jour-là.

Osée Mfumfu

 

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