Insécurité en RDC : « Congo : Le silence des crimes oubliés », ce documentaire qui incrimine Paul Kagame projeté pour la 1ère fois au pays

 

« Congo : Le silence des crimes oubliés », ceci est l’intitulé du récit du cinéaste congolais Gilbert Bafulu, projeté, pour la première fois en RDC, ce samedi 12 février 2022 à Léon hôtel, dans la commune de la Gombe, au cours d’une conférence organisée par l’association Conscience Nationale Congolaise.

Dans cette production cinématographique, le cinéaste retrace la triste histoire de la RDC, mettant particulièrement le curseur sur les atrocités de l’Est du pays depuis 1994, découlant des combats menés par le Rwanda et l’Ouganda sur le territoire national, mais aussi la communauté Tusti et Hutus, tous du Rwanda, dans la même partie du Congo-Kinshasa, mais aussi en plaçant un mot sur le pillage du sous-sol congolais par des pays voisins, Kigali en l’occurrence.

Ici, les projecteurs étaient essentiellement concentrés sur Paul Kagame, cité comme “le grand criminel” dans ce dossier qui a vu des milliers des Congolais laisser leurs vies dans des conditions extrêmement inhumaines ; l’homme du Rwanda est vu comme « homme fort » , car, selon le récit, “bénéficiant du soutien des États-Unis d’Amérique et l’Israël notamment” , a dit un journaliste d’investigation qui a été interviewé dans cette production dans laquelle plusieurs autres experts ont été approchés.


Il s’agit d’un film disponible depuis 2015 ayant reçu le soutien des États-Unis d’Amérique, l’Union africaine et d’autres organisations internationales, et qui a gagné le deuxième prix du Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou (FESPACO), l’une des plus grandes et prestigieuses manifestations culturelles et cinématographiques du continent africain et du monde, mais malheureusement non projeté dans son propre pays avant ce samedi.

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Qu’est-ce qui explique cela ? Gilbert Bafulu parle de problèmes d’ordre conjoncturel. Il dit avoir échappé à au moins cinq (5) tentatives de assassinat après conception de son documentaire, ce qui lui avait poussé de vivre en exil au Sénégal pour fuir ce qu’il a appelé « régime des criminels » (régime de Joseph Kabila, ndlr), avant de regagner la RDC en 2019, année à partir de laquelle la situation de la Covid-19 a empêché l’exposition de sa production dans des salles de cinéma.

Un autre fait que dénonce ce congolais, c’est notamment le « non accompagnement du Ministère de la Communication et Médias » qu’il avait saisi pour demander un soutien de son oeuvre en terme de large diffusion notamment. L’actuel Ministre de la Communication Patrick Muyaya, précise Gilbert Balufu, n’a jamais répondu à sa correspondance lui adressée depuis novembre 2021, mais « préfère coopérer avec Thierry Michel », ce réalisateur belge « qui lui a plagié son œuvre » .

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« Au niveau du Gouvernement, on va voir avec le ministère de la Culture. Pour le moment, le monsieur qui est à la Communication et Médias (Patrick Muyaya, ndlr) prend position pour Thierry Michel, c’est le cas de le dire. Moi-même, je lui ai contacté pour dénoncer le comportement de Thierry Michel. Il n’a jamais répondu à la lettre (…) Je suis très déçu de son comportement » , a-t-il déclaré en précisant que son dossier avec Thierry Michel se trouve déjà devant la justice.

Après son speech, la crème intellectuelle venue assister à cette projection, a suggéré aux uns et aux autres de « commencer à agir » pour sortir le Congo de cette situation très peu confortable. Dans différentes prises de parole, tous ont convergé sur l’appropriation, par les Congolais, de leur culture pour que l’histoire du Congo soit racontée par les Congolais, comme l’a fait Gilbert Bafulu.

Patrick Nguwo

 

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