Ituri : La CODECO « exige la fin de l’état de siège et la relaxation de ses combattants avant de libérer les membres de la Task force pris en otage »

 

Les six membres de la Task Force pour la Paix, la Réconciliation et la Reconstruction de la Province de l’Ituri se trouvent entre les mains des miliciens de la Coopérative pour le Développement au Congo (CODECO). Dans un enregistrement sonore non authentifié, le porte-parole de ce mouvement a tenté d’expliquer les circonstances de l’enlèvement de ces membres.

Selon Bassa Zukpa, les six membres de la Task Force se sont rendus à Bambu pour lancer les négociations avec les miliciens sans en informer au préalable leur quartier général. Pendant qu’ils étaient en négociation, un hélicoptère de l’armée s’est mis à pilonner quelques villages tenus par la CODECO.

D’après lui, c’est d’abord pour protéger ces membres de la task force que les miliciens les ont ramenés au quartier général.


« (…) Aujourd’hui l’équipe de la Task Force a entamé sa phase de négociation (…) nous n’étions pas informés. Ils sont partis à Bambu et ont appelé nos éléments qui étaient sur place (…) Quand ils discutaient, nous avons reçu un appel que le Gouverneur militaire a ordonné un hélicoptère de bombarder nos positions alors que nos gens étaient en pleine discussion avec la Task Force (…) Nous nous sommes posés plusieurs questions (…) La task Force a été avec d’autres groupes armés mais il n’y a pas eu des bombardements (…) C’est pour voir ce qui se cache derrière ces bombardements que nos éléments les ont ramenés (…) » , explique t-il.

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À lui d’ajouter, « pour le moment, les membres de la task force sont bien sécurisés. Ils ne sont ni torturés, ni tués. Pour qu’on les relâche, on doit être sûr que le Chef de l’État est vraiment déterminé pour la pacification de l’Ituri. Si c’est la guerre, on va se battre, on est prêt (…) si c’est la négociation, allons-y mais pas faire deux choses au même moment (…) Comme préalable, nous exigeons la fin de l’état de siège. Cet état de siège est ennemi principal de l’Ituri » , explique t-il.

Ces miliciens « exigent l’implication personnelle du Chef de l’Etat dans la libération de ces membres de la Task force » .

« Il doit répondre à notre cahier de charge, il faut libérer tous les détenus Lendu détenus à Bunia, à Kinshasa ou à La Haye. C’est à ce prix-là que l’on va relâcher les membres de la Task force. Pour ne pas mettre leur vie en danger, nous mettons en garde contre une libération forcée de ces gens. Ils ne pourront pas les libérer par la force » , ajoute ce groupe.

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C’est en début d’après-midi de ce mercredi 16 février 2022 que six membres de la Task Force, dont Thomas Lubanga et deux colonels de l’armée, ont été pris en otage par les miliciens de la CODECO dans la localité de Bambu, dans le territoire de Djugu.

Ces négociateurs ont tenté d’engager des discussions directes avec les miliciens avant de se voir pris en otage par ces rebelles.

Andy Kambale Matuku

 

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