Ituri : À Kilimamweza, les femmes et les jeunes filles « cassent des pierres à la recherche de l’or » (Reportage)

 

Face à la précarité de la vie, la femme et la jeune fille congolaises se retrouvent parfois dans des « endroits et activités réservés aux hommes ». C’est notamment le domaine de travaux lourds et de l’orpaillage. Dans le village de Kilimamweza, à dix (10) kilomètres à l’ouest de la cité de Mambasa, dans la province de l’Ituri, plusieurs femmes et jeunes filles se ruent dans les carrés miniers à la recherche de l’or.

À l’approche de la mine, des claquements de marteau et des éclats de pierres rendent les communications presqu’inaudibles. Ici, pas de distinction de sexe, hommes et femmes (des mineures également) font tout : manipulation des testeurs, creuser, transport des pierres.

Masika et sa copine manipulent avec aisance le tamis. À notre approche, elles esquissent un sourire qui illumine leur visage couvert de sueur. Elles confient avoir passé ici près de 5 heures. À côté d’elles, trois (3) sacs remplis de pierres prêtes à être cassées.

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« (…) Nous sommes ici depuis 10 heures (…) Nous avons d’abord été dans nos champs. Ici, c’est pour trouver de l’argent pour scolariser nos enfants et prendre soins de nos familles (…) », explique brièvement Masika.

Cette activité est, d’après un homme abordé par ACTU7.CD, à la base de « l’entêtement et de désordres des femmes » dans certains foyer. Une allégation balayée d’un revers de la main par Masika qui affirme que cette activité leur permet de soutenir les efforts de leurs maris.

« (…) Dire que l’argent que nous gagnons ici nous dresse contre nos maris, c’est faux, peut-être les autres, mais moi mon mari apprécie beaucoup mes efforts (…) ça nous permet de soutenir le courage de nos maris et aider nos familles (…) Il y a des femmes qui ne sont pas ici, mais qui manquent de respect à leur mari (…) », dit-elle.

Plusieurs sacs de pierres sont entassées les uns contre les autres dans plusieurs parcelles proches de la carrière. Un sac de pierre broyée peut rapporter jusqu’à deux cents mille (200.000) francs congolais. Mais c’est rien à comparer aux efforts physiques fournis. Pendant que nous nous apprêtions à faire une interview avec quelques hommes présents, le responsable de la carrière minière nous ordonne de partir…

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Andy Kambale Matuku, de retour de Kilimamweza, à Mambasa

 

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