Ituri : À Butama II, plusieurs hectares de forêt « dévastés deviennent désertiques » suite à la « surexploitation par les sujets chinois » (Reportage)

 

Depuis début 2020, il s’est observé un engouement sans pareil des sujets chinois dans les carrés miniers à travers la province de l’Ituri. Jusque-là épargné par ce phénomène, le territoire de Mambasa (couvert d’une grande partie de la forêt de l’Ituri) a vu déferler des sujets chinois et leurs engins dans des carrières minières. À côté de cette exploitation minière, plusieurs dégâts d’ordre écologique ont été enregistrés. C’est le cas de la localité Butama II, à 18 kilomètres au sud de Mambasa sur la route Biakato.

On se croirait dans un pays du Sahel en arrivant ici au pont de la rivière Tokoleko. De gros tas de sables qui rappellent des dunes dans les régions désertiques, de larges étendues d’eau aux couleurs bizarres qui laissent échapper une odeur suffocante vous accueillent sur ce site.

Il y a quelques mois, des machines dragues, des bennes et des engins des travaux lourds tournaient ici 24 heures sur 24 et sept jours sur 7 à la recherche de l’or. Des engins appartenant aux sujets chinois qui avaient conclu des accords dont le contenu relève du secret des saints avec les administrateurs du foyer minier, en amont et en aval de la rivière Tokoleko.


Après quelques mois, plus de dix (10) hectares de forêt ont été dévastés, le sol remué et le lit de la rivière Tokoleko détourné. Des traces d’usages des produits chimiques sont visibles sur le sol. Quelques champs de cacao, bananiers et manioc ont été ravagés « sans aucune contrepartie ». Quant à la rivière Tokoleko qui servait le village, elle ne coule plus et ses eaux ont changé de couleur.

Lire aussi  Ituri : Les journalistes "appelés à accompagner les autorités sans se laisser influencer"

Quelques orpailleurs rencontrés affirment que des poissons morts sont, ces jours-ci, « ramassés dans la rivière Ituri », dans laquelle se jette la Tokoleko. Ce qui confirmerait, selon eux, « la pollution des eaux par usage des produits chimiques dont le mercure ». Une eau toujours consommée, malgré sa couleur suspecte, par les villageois « à leurs risques et périls ».

« (…) Cette destruction nous allons en payer les conséquences de génération en génération », explique Me John Musombolwa, coordonnateur territorial de la Nouvelle Société Civile du Congo (NSCC).

 

Certaines personnes interrogées dans les rues de Mambasa « pensent que la perturbation de saisons et de fortes chaleurs ressenties » ces derniers temps dans cette cité sont liées à « la surexploitation des carrés miniers par les chinois ». Aucune étude scientifique n’a, pour le moment, démonté cette hypothèse.

Le site de Tokoleko n’est qu’un échantillon de ce que l’exploitation minière, par les sujets chinois, a laissé comme trace dans le territoire de Mambasa. Les conséquences et les dégâts sont énormes. L’histoire se chargera de juger…

Lire aussi  Célébration 160e anniversaire de l'UIT et Journée Inter. des Télécoms : Augustin Kibassa Maliba invite les startups, chercheurs... à concevoir des solutions innovantes qui répondent aux aspirations des femmes

Andy Kambale Matuku, à Mambasa

 

Lire aussi

Les plus populaires