Fêtes de Noël et du Nouvel an : Les déplacés de guerre de Beni se disent « délaissés » par le Gouvernement et les ONG (Reportage)

 

Les déplacés de guerre, cantonnés dans différents sites de campement au territoire de Beni (Nord-kivu), se disent « complètement épargnés » des festivités de Noël et du Nouvel an, car dépourvus presque de tous leurs moyens.

Au cours d’une ronde effectuée par ACTU7.CD ce samedi 24 décembre 2022, dans près de dix (10) de leurs campements à Oïcha (chef-lieu du territoire), à Eringeti, au poste frontalier de Kasindi, voire dans différentes familles d’accueil, ces vulnérables déplorent ce qu’ils qualifient de « délaissement » tant de la part du Gouvernement que des Organisations Non Gouvernementales (ONG) et des personnes de bonne volonté.

C’est par exemple aux sites de l’institut Mabalako, l’école primaire Mwangaza, de Luvangira à Oïcha, où certains responsables de famille abordés par le média non-aligné ont dénoncé le calvaire qu’ils traversent.


 » Nous sommes là, dépendons des assistances provenant du gouvernement, des ONG et des personnes de bonne volonté. Hélas ! Depuis le début de ce mois, nous n’avons reçu aucune assistance. Nous ne mangeons que la nuit, et ce, grâce aux efforts que nous consentons malgré tout. Les fêtes approchent, nous n’avons pas quoi mettre sous la dent. Nous n’avons rien acheté aux enfants comme habit de fête. Nous le faisions avant quand nos champs étaient encore accessibles, mais ces derniers jours, les rebelles s’en servent pour la construction de leurs bastions. On pourrait égorger des poules, des cochons, des chèvres, boire, danser… mais désolé. Nous sommes là, muselés », se lamentent l’un de ces vulnérables de la guerre.

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En outre, ils ont plaidé pour le rétablissement de la paix dans leurs milieux respectifs afin qu’ils puissent vaquer librement à leurs occupations.

« Le Gouvernement doit s’efforcer pour nous ramener la paix. Nos produits champêtres pourrissent en brousse, nous souffrons ici. Nos cacaos pourrissent, nos cafés pourrissent, nos bananes pourrissent… tout cela suite à la dégradation de la situation sécuritaire. Que les autorités de l’état de siège s’y penchent urgemment », exhortent-ils.

À Kasindi, Bulongo, Ruwenzori, Oïcha, Eringeti et environs, le nombre de déplacés de guerre, fuyant les affres de la nébuleuse ADF (Forces Démocratiques Alliés) s’accroît au jour le jour. En dépit des mesures prises par le Gouvernement congolais, notamment l’instauration de l’état de siège, les champs des paisibles citoyens demeurent inaccessibles.

JC Mbafumoja, à Beni

 

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